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lundi 22 février 2016

HipHop pour la bonne cause, acte 6 - Kohndo



À l'occasion de la sortie de son dernier album "Intra-Muros" (sortie le 05/02), HipHop Hourra a eu la chance de recevoir Kohndo dans ses locaux virtuels, le temps d'une interview.



A t-on encore besoin de présenter Kohndo ? Oui ? Bon...
Kohndo, originaire du Bénin, ayant grandi au Pont de Sèvres; commence à rapper à l'âge de 13 ans et est introduit dans le milieux par Zoxea son ami d'enfance (On peut pas rêver mieux comme Parrain). Avec son premier groupe "Coup D' état Phonique", formé aux côtés de Daddy Lord C, formation ensuite du collectif "La Cliqua", avec en autre Rocca; ils sortent la bombe "Conçu pour durer" en 1995. Il s'émancipe très tôt de son groupe et tente sa chance comme Han, en solo, mais doit attendre 2003 pour proposer son premier projet "Tout est écrit"; comme pour être sûr de pouvoir offrir à un auditoire, conquis déjà depuis quelques années, un produit fini riche et surtout en phase avec l'artiste devenu un Homme. Un album qui, aujourd'hui encore fait autorité chez les puristes du "Boom-Bap" et qui bien entendu, fait entrer le Rap Français dans une autre dimension.
Parce que 'dimension', il en est exactement question car, lorsque bon nombre de ses contemporains adoptent les modes et humeurs changeantes du HipHop version mainstream, à savoir des productions à la Timbaland, Missy Elliot, Neptunes ou encore Swizz Beatz, lui, reste fidèle à cette certaine idée du HipHop, ou plutôt à cette idée certaine en sortant le "Blind project" en 2004 (qui est resté en bacs 2 semaines sous le nom "Blind test") et le très acclamé "Deux pieds sur terre (stickin' to the ground)" 2 ans plus tard. S'en suivent alors deux éditions de l'album Soulful "Soul inside", l'une en 2011 et l'autre en 2012.
Il faut donc attendre 2016 pour se délecter du dernier cru du K.O.H.N.D.O. et, croyez-moi, l'attente fut totalement justifiée.

HipHop Hourra: Kohndo, tout d'abord merci de nous donner un peu de ton temps, ça nous fait plaisir de t'avoir avec nous, sachant le poids de notre blog dans tout l'océan des médias dits de cultures urbaines, c'est un honneur.

Kohndo: Merci à vous de me recevoir et de me permettre de défendre la sortie de mon album.

3H: Laisse-moi commencer tout ceci par une question qui, je pense est tout à fait légitime: on te connait aujourd'hui depuis un certain temps, tu fais partie intégrante du paysage musical français, mais, pourquoi continuer de rapper ?

Kohndo: Après 20 ans de carrière, je suis convaincu que la mission d'un artiste est de créer; et tant que cette envie de créer se manifeste en moi, je continue, je le fais car, c'est dans ma nature. La question peut se poser car dans ce milieu il n'est pas facile de distinguer "L'Art" du "Rap game". Dans L'Art, nous trouvons la Musique. Moi, je suis musicien-artiste et ma fonction dans la vie est de créer de la musique, de tenter de faire des choses belles donc je le fais.

3H: Quand bien même ton auditoire se réduirait, tu continuerais... (il coupe)

Konhdo: Soyons clairs, mon auditoire ne se réduit pas: il augmente. N'étant pas un artiste signé en major, j'ai l'opportunité de séduire encore et encore des gens qui aiment la vraie musique. En ce sens qu'aucuns moyens détournés ne sont employés pour aller chercher de la visibilité. Je suis là pour continuer de faire ce que je sais faire du mieux que je peux et c'est ce qui transparaît dans ma musique.


 3H: Qu'est-ce que ça fait, justement, pour quelqu'un comme toi de continuer à vivre ce HipHop qui n'est pas bankable aux yeux de la masse alors qu'il te serait facile de "jouer le jeu" des majors" ?

Kohndo: On m'a déjà cette question... Pose cette question à des mecs comme Leroy Hudson ou Curtis Mayfield à l'arrivée du Disco, par exemple...

3H: Ouais, bon, Curtis, a eu une traversée du désert appelée "années 80" qui n'est pas glorieuse quand même...

Kohndo: Effectivement il y a quelques albums moins bons, beaucoup moins bons que la musique proposée auparavant mais il a quand même laissé des classiques. De toute façon, les époques, l'histoire, changent. Il faut juste continuer à faire son truc, sans mentir. Que ton public te suive ou non, reste fidèle à ta musique. Ne pas se poser de question(s), travailler et laisser l'époque être juge de ce que l'on fait. Si on apporte une pierre à l'édifice, on reste et dans le cas contraire on part. Et il faut savoir partir avec grâce.

3H: Tu pourrais justement partir, si le vent venait à tourner ?

Kohndo: C'est compliqué comme question car, tu la poses à quelqu'un qui va défendre son 4ème album. Tu vois, est-ce que ça a du sens d'aller sur la piste pour courir un 100 mètres sans avoir envie de vaincre ? Quand tu crées, tu as envies d'apporter quelque chose et ce quelque chose tu l'apportes avec toute l’énergie possible. Le jour où je n'aurai plus l'envie, je ferai autre chose.

3H: Qu'apporte "Intra-Muros" à ta discographie ? Quels sont les thèmes abordés ?

Kohndo: Je trouve que c'est toujours très difficile d'expliquer ce qu'un disque peut amener en émotions. PAR CONTRE, ce disque, c'est du "Boom-Bap", qui vient de cet endroit là, de cette époque, qui a une vraie énergie. J'essaie jusqu'à aujourd'hui de toujours être là où on ne m'attend pas. C'est ce qui fait que mon auditoire me redécouvre à chacune de mes sorties. Au niveau des thèmes, en fait, j'ai travaillé pendant 8 ans dans l'univers carcéral et je me demandais comment parler de l'enfermement et surtout comment aborder la problématique de notre 'liberté'. Que fait-on de notre liberté ? J'ai donc écrit un album conceptuel, qui conte la traversée de Paris d'un chauffeur de taxi, étranger, qui est en attente de renouvellement de sa carte de séjour. Au fur et à mesure de son périple, découvre tous les milieux et les différents classes sociales de Paris. Le monde de la nuit, la drogue, le Paris qui peut être glamour et qui ne l'est pas. De plus, j'ai voulu y intégrer un côté intergénérationnel en invitant Nekfeu dans un morceau où l'on confronte nos visions de ce monde, de cette société. Et le constat est que malgré les différences d'âge, nous combattons les mêmes démons avec la même envie d'avancer dans la vie. Beaucoup de sujets sont abordés: des sujets sérieux, d'autres moins, mais toujours traités avec finesse. C'est un peu dans cette optique là que la pochette a été créée. Des barreaux, des barrières mais avec des plumes pour rappeler cette légèreté.

3H: Au niveau des featurings donc, Nekfeu...

Kohndo: Nekfeu oui, Oxmo, A2H. Je pense que ça définit bien ma position, qui je suis. Un artiste actuel ayant des ancrages, profonds, dans les années 90. En même temps, avec ce vécu, il est important pour moi de montrer que des ponts sont possibles entre les générations, d'où la participation de Nekfeu...
Et puis, sans (trop) m'avancer, je suis presque sûr que cet album te parlera car, bien que je ne sois pas bloqué dans le passé, il fait appel à des souvenirs, à une énergie d'une époque que les fans de La Cliqua ont connu. Une aura différente de mes précédents albums sachant que ce que j'espère à chacune de mes sorties, c'est que ceux qui me connaissent ne soient pas déçus...

3H: Bah voilà, c'est quasiment le mot de la fin. En tant qu'amoureux de musique, acheteur presque compulsif, je ne peux que souhaiter que des artistes de ton calibre continuent à nous abreuver de belles choses. Mille et un mercis de t'être arrêté chez nous, nous te souhaitons le meilleur pour ce disque et la suite de ta carrière et bien sûr, longue vie au HipHop.

Kohndo: Tout le plaisir est pour moi. Merci de m'avoir invité et à très bientôt.


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"Intra-Muros" donc, est de ces albums dont le succès critique ne sera pas à démontrer. Écrit en une époque où l'artiste se meut facilement en publicitaire plutôt qu'en défenseur de la Culture; il est toujours intéressant de se pencher sur ce qu'ont à dire les derniers vrais lyricistes, à forte raison pour nous, lecteurs d'HipHop Hourra, car nous avons tendance à continuer d'écouter du Rap surtout parce que nous suivons les beatmakers. L'essentiel est donc là, à cet endroit, à cet instant où nous avons la chance de pouvoir suivre un artiste qui sait écrire du Rap. 
Quelque part, c'est historique... je ne peux que vous encourager à vous procurer cet album et à faire parti de l'Histoire.

mardi 18 mai 2010

HipHop pour la bonne cause, acte 5: J Zen - Guilty pleasure (Avril 2010)

Sorti depuis le 3 mars, "Guilty pleasure", est le dernier bébé né des mains expertes du jeune talent montant rennais J-Zen. L'occasion pour 3H d'étoffer la série des "HipHop pour la bonne cause" et de recontacter le "J" pour palabrer de son projet.
Pour ceux qui ne se rappellent pas, J-Zen est ce petit prodo bien chez nous qui a gratifié l'an dernier de l'excellent "BREAKfast" sorti sur le petit label qui monte 'DOOINIT MUSIC'. Nous avions déjà pu l'interviewer, pour les retardataires, cela se passe toujours ICI. J'en profite aussi pour redonner le MYSPACE de J-Zen.



Jyuza pour 3H - Yo Zen, bien ou bien ?
J-Zen - Ça va, ça va.
3H - Bon, on arrive enfin à ce capter, j'ai grave mal gérer mon temps dernièrement, mais ce soir c'est la bonne.
J-Z - T'inquiète, j'ai aussi eu un mois d'avril et le début du mois de main un peu à l'arrache: taf, déménagement, promo et FESTIVAL !!!
3H - La carrière est carrément lancée, ça le fait. Alors raconte, "Guilty pleasure", lancé depuis le 3 mois dernier, qu'est-ce qui ce putain de passe concrètement ?
J-Z - Donc comme tu dis, il est sur plate forme numérique depuis début mars et il a été pressé en vynil aussi. La distrib' est arrivée après, mais putain: c'est un truc de fou. Déjà, la différence avec "BREAKfast" c'est qu'on avait plus de moyen. On s'est barré à Los Angeles pour le mixé. Pour le mix on a eu Dave Cooley, donc... LE MONSIEUR, quoi. Expérience de ouf...
3H - J'm'en doute...
J-Z - On débarque, nous les petits Rennais devant le gars qui a mixé 90% des abums Stones Throw. En plus, le feeling est trop bien passé.
3H - C'est vrai que le gars a l'air cool. On le voit dans le documentaire sur Wildchild, tu sens qu'il connait son taf.
J-Z - Trop... Et il a bien apprécier notre démarche: venir comme ça avec nos sons, dans son studio. On y a passé toute la première semaine. Il a fait un survol de ce que j'ai apporté et m'a dit que j'avais déjà fais un gros travail de mix. Le truc marrant est qu'il m'a demandé comment je voulais que mon album sonne, par rapport à ceux qu'il avait pu mixer. Genre, "Madvillain" ou "Lil' light", putain, je kiffe le cade contrôl.
3H - Qu'est-ce qu'il a pensé concrètement du HH version française et spécialement version rennaise ?
J-Z - Quand un mec me dit que je fais des instrus de ouf, c'est déjà un énorme compliment, mais venant d'un gars qui côtoie un fou comme Madlib, ben y'a pas de mot(s), quoi. Apparemment, il a vraiment kiffé sur la "Guilty theme". Une fois, alors qu'on était posés hors studio, il est sorti en courant et m'a dit que le son était 'vraiment malade'. Ça fait vraiment plaisir !
Et puis c'est aussi ce que je voulais, que le grain de mon son ne sonne pas comme certains des compatriotes. Puis bien sûr, il m'a apprit quelques p'tits 'tricks' au niveau du mixage.
3H - Bien ça, y'a eu un réel échange.
J-Z - Ouaip. À un moment, j'ai eu un coup de flippe; avec le morceau de Substancial, car je suis arrivé avec 2 pistes car j'ai eu un p'tit souci de sauvegarde. Là, il me dit "tu sais des fois Madlib arrive avec des trucs tellement à l'arrache que ça, c'est pas un problème".
3H - Putain, ça le fait ! Une fois rentré, la p'tite compagne de pub lancée, le produit sorti, quels ont été les retours ? 
J-Z - Du bon, quelques radios ont déjà passé des morceaux. Maintenant, on attend le gros des retours surtout de la part des distributeurs, car la distrib' a commencée depuis début mai. Pour l'Europe, c'est 'Pusher' qui s'en occupe. Au Japon, c'est 'Jazzy Sport'.
3H - Ouahh, si Jazzy Sport s'en occupe, c'est une bonne reconnaissance, ça !
J-Z - Trop. Et aux States, c'est Fat Beats qui gère. Pour en revenir à "BREAKfast", le label 'Root70lounge' a récupérer
3H - Cool mec, j'suis content pour toi.
J-Z - L'autre chose de bien avec ce label, c'est qu'ils ont plein d'artistes et 3 d'entre eux m'ont déjà sollicité pour des featurings. C'est en cours...
3H - C'est ça mec, le début de la gloire.
J-Z - Ouais, mais surtout j'ai un excellent staff qui gère bien et surtout qui croit en moi (et réciproquement). Et au fait, la tape sur Jay Dee, ça l'a fait ?
3H - Carrément mec. Plus de 500 téléchargements, je l'ai passé à mon taf, des gens ont saigné du nez et tout. Me demandant qui avait mixé.
J-Z - Le truc de fou, c'est que personnellement en production, je sais que j'ai du potentiel. Mais derrière les platines, je ne suis jamais convaincu et je mix vraiment à ma sauce, dans mon délire, sans technique.
3H - Le taf est propre, mec. En plus, mis en lumière par le fait qu'on a playlisté des morceaux qui font grave face B.
 J-Z - J'ai passé le "Heavy" est soirée et y'a eu une queue de ouf pour savoir d'où il venait, ce son.
3H - Ah là là,  après ça se dit fans de Jay Dee. Suceurs de merde... 
J-Z - La deuxième partie de la tape va être fat. J'ai concocté une intro avec une instru que j'ai faite spécialement.
3H - J'te fais confiance :)
J-Z - J'peux faire un peu de promo pour le festival qu'on lance ?
3H - Je t'en prie.
J-Z - Pour commencer, il y a un site: Dooinit-festival.com. Entièrement mis sur pattes par le label 'Dooinit', pour proposer une alternative aux 'Transmusical' qui ont stoppé les programmations HipHop. Donc voilà, pour casser avec cette image qui voudrait que sur Rennes et ses environs, personne ne kiffe le vrai HipHop. Le festival est là pour prouver le contraire. Bien que Rennes reste une ville à forte consonance Rock, nous avons bon espoir pour ces premières dates.
3H - Les Trans', avaient pourtant une programmation assez hétéroclite...
J-Z - Oui, c'était même fou en HipHop. Le même soir j'y ai pu voir GangStarr, JayLib, 5 Deez, De La Soul... voilà quoi. Maintenant, ce n'est pratiquement que de l'Electro. Voilà pourquoi nous nous lançons dans l'évènementiel avec ce projet. On espère donner envie à beaucoup de monde avec tous nos invités: Kev Brown & LMNO en tête.
De toute façon, pour tous ceux que ça intéresse, y'a juste à taper 'dooinit-festive' dans google et à se laisser guider. 
3H - Ben le message est passé, mec. Y'a plus qu'à te remercier pour ta disponibilité, t'encourager pour ta zik et vous souhaiter les meilleures choses possibles pour le festival.
J-Z - Je t'en prie. Merci surtout à HipHop Hourra qui nous soutient et qui nous pousse, puis bon, j'espère croiser quelques lecteurs du blogs durant le festival.
3H - Peut-être moi, qui sait. Merci encore mec, à plus.
J-Z - Peace.





lundi 19 octobre 2009

K-Trième Dimension - De l'huile sur le feu

Deuxième album du jeune groupe issu de la scène Genevoise, "De l'huile sur feu" s'inscrit dans la mouvance consciente du Rap. Un discours sombre mais révélateur de la société et de l'époque. Peu de chose à dire à part qu'il faut pousser ce genre de groupes: j'espère que vous apprécierez.
Je vous encourage d'ailleurs à checker leur site: ICI
Bonne écoute ;)



De l'huile sur le feu

1 - N'aie pas peur
2 - Mon Rap est un art martial
3 - Les Vampires
4 - Ton sang est rouge
5 - Sur nos feuilles
6 - Le Passage secret
7 - Babylone brûle
8 - Les Passants sont anonymes
9 - Le vieillard et le policier
10 - Pas un geste !
11 - La Poudre aux yeux
12 - La Fin de l'histoire

vendredi 17 juillet 2009

HipHop pour la bonne cause: Act 4 - J Zen... petit déjeuner !

Les petits fous qui me connaissaient avant de connaître Jyuza, savent que j'ai toujours été un défenseur farouche du HipHop Français ou plutôt, HipHop à la Française. Bien que j'en écoute de moins en moins, j'aimerais pouvoir en écouter autant si ce n'est plus que j'en écoutais à l'époque où les Démocrates D, La Cliqua, les Dj du Kif Kif ou Koalition savaient nous satisfaire. Il en reste encore quelques-uns qui font de bonnes choses comme Moar, Konhdo, Dee Nasty revenu sur le devant de la scène il y a peu, Daz Ini (dont je dois retranscrire l'interview), Puzzle, Enz ou encore l'Elamel Quartet.
'HipHop pour la bonne cause' revient donc aujourd'hui sur la rencontre de J Zen qui offre depuis quelques temps au téléchargement gratuit le somptueux "Breakfast" sur le site de son label "Dooinitmusic". L'occasion pour HipHop Hourra de gratter une petite interview en ayant au préalable réinstaller msn. En passant un grand merci au blog "HipHop Jazzy" qui m'aura fait découvrir l'album.




Jyuza pour 3H - J Zen aka l'un des seuls beatmakers français avec les couilles de supporter UN VRAI projet instrumental... Comment tu vas ?
Nickel, surtout quand c'est pour un breakfast
-Cool cool... Alors, peux-tu te présenter brièvement, s'il te plait ?
J-zen beatmaker depuis 6ans, j'ai grandi et vis à Rennes
-Premièrement, qu'est-ce qui t'as poussé à devenir beatmaker, alors qu'il est si facile de prendre le mic aujourd'hui ?
J'ai commencé par la guitare à l'age de 12 ans par le biais de mon cousin ,un zikos pur souche, touche à tout et fan de Rock & Soul années 70; il m'a inculqué des valeurs musicales. Ensuite sont venues mes premières écoutes de Primo et Rza: LA CLAQUE !
-Normal, je crois.
J'ai d'abord eu cette oreille musical vers les beats puis ensuite j'ai commencé à mixer avec mon pote Maloko puis tout va très vite: la Mpc etc etc... Le micro, j'ai toujours été mal à l'aise derrière. Mon kiff, c'est d'être derrière les platines, me concentrer sur la prod.
-Et puis c'est aussi une autre sensibilité...
Tout à fait !
-Y'a des types qui rappent, ben ils devraient s'abstenir.
Tu vois mon pote avec qui j'ai commencé à mixer, Maloko, maintenant il rappe et attention le niveau. Il fait parti des personnes gravitant d'assez près de notre label; je préfère laisser le mic à des gens talentueux comme lui.
-Bon, j'vais éviter les questions à la con du genre "tes influences" et tout tout... Parlons de ton album: tu en as commencé quand la réalisation ? Et surtout pourquoi l'offrir au téléchargement ?
En fait au début j'ai commencé il y a environ un an à faire des warm-up pour l'association 'Dooinit' (Primo, Jazzy Jeff, Pharaoh Moch), puis l'assoc' est devenue un label musical, il est composé de potes qui ont la même approche de la musique. Je suis donc passé par ce label avant tout. J'avais des propositions mais bon, je refuse toujours si les paroles du mc ne me vont pas.
-Normal, tu as tout à fait raison.
Bref l'histoire 'Dooinit music' commence, avec la confiance réciproque que j'ai en eux, ils me donnent les armes car moi à part la musique, je suis pas trop doué pour l'administratif et c'est surtout cela qui me freinait. Chacun a un rôle à jouer. On a commencé le projet fin Mars et nous avions fixé le bouclage pour début Juin. Le téléchargement gratuit c'est pour faire partager et aussi évidemment buzzer un coup. Notre but n'étant en aucun cas financier pour ce projet, on a voulu faire ressentir le plaisir du taf.
-Crois-moi le plaisir est clairement ressenti.
Je parle beaucoup au pluriel, pour que l'on sache qu'il y a vraiment une équipe derrière ce projet.
Même si j'ai fais la prod et le mix, je parle au pluriel pour cette tape
-Que penses-tu de ton album ? Sois-le plus sincère possible...
Je vais être sincère, c'est comme un acteur qui évite d'aller trop voir ses films (Rires). Personnellement c'est une satisfaction car premièrement je faisais que de la prod pour des mc
et le fait d'avoir le contrôle sur mes sons c'est vraiment bon. Pour moi j'ai réussi à faire partager ma définition du beat sans sophistiquer les choses. Pour moi une boucle quand elle est bonne, peut tourner 30 secondes ou 4 minute... pas d'importance.
-C'est aussi, ce que je pense... Des fois, je passe des soirées à écouter juste des interludes de Kevin Brown tellement c'est bon...
De plus on a reçu d'excellents retours par mails. Pour l'anecdote, ma tape a télécharger sur tout les continents. Attention, même au Mozambique et aux Îles Samoa. Je trouve ça énorme.
-Les mecs au Mozambique savent reconnaitre les bonnes choses... Mais justement, au niveau des retours: es-tu conscient que t'as fais un album qui talonne par exemple au niveau de la qualité, un album comme la dernière galette de Kan Kick ? Pourtant le niveau est super relevé. Tu me parles d'un producteur fil conducteur pour moi, mais quand j'écoute ma tape je ne peux pas me comparer. Je n'arrive pas, mais peut être que le naturel ne ment pas.
-Nan nan... pas de comparaison. J'me suis mal exprimé... Le 'Deeper than flesh', j'ai du aller en soin intensif pour m'en remettre tellement il m'a déréglé. Ton album est grave bon. En plus ça fait plaisir de savoir que c'est un fraçais qui en est à la base. J'ai énormement écouté ce qu'ont fait les Onra, Quetzal, Yann Kez et tous les nouveaux producteurs français. Je pense que "Breakfast" est au dessus du lot. Pareil constat pour les dernières prods instrumentales ricaines.
Ça fait vraiment plaisir de procurer des émotions, comme d'autres peuvent m'en procurer.
-Ormis deux ou trois, dont toi, les autres n'ont fais que copier ou plus précisement, 'faire du'. Moi, en ma qualité de mélomane qui achète du son, j'en ai rien à foutre de toi si tu me dis que tu fais des sons à la Pete Rock ou Jay Dee. Si j'veux écouter du Pete, j'écoute du Pete.
Depuis 6 ans j'ai cette philosophie du beat, influencé mais ceci s'arrête là.
Bien qu'inspiré, j'ai voulu inscire dans mon travail de la profondeur et du vécu. J'ai des potes beatmaker qui vont écouter du Jay Dee pendant 3 jours non stop pour produire. Mon but est de créer, pas de recréer
-Je trouve ça d'autant plus méritant qu'avec tous les bons producteurs qui sont dans le biz, ton taf apporte quelque chose.Ça me rappelle les premiers albums de Nicolay. Cette petite touche fraiche. J'écoute quasiment que du ricain, mais j'aimerais n'écouter que du Français. Mais au lieu de ç, je constate qu'on ne fait que sucer ce qui ce fait outre atlantique.
Carrement
-J'suis le premier à reconnaitre le génie de Fat Jon ou DJ Spinna, mais maintenant, je suis persuadé qu'on a en France des mecs de ce calibre. Je suis un nostalgique de l'époque "Le HipHop mon royaume", cette époque ou les beatmakers fançais s'inspiraient des States, mais dans les sons tu sentais cette touche française...
Ces beatmaker sont soit expatriés ou reconvertis.
-Nan nan, ils sont là, mais font n'importe quoi. Des mecs comme White & Spirit ont sortis des trucs récemment: C'EST LAMENTABLE !!! Comment tu te sens après le 'Breakfast' ?
Rassasié: en fait quand on a programmé "Breakfast" ,nous avions déjà un autre projet en tête ...
-Ah ?? Instrumental, aussi ?
Non avec des mc. Je pense courant 2010, nous serons fin prêts. Un premier maxi sera opérationel dès Décembre 09
-Avec des mc français ?
Non pour l'instant, le premier qui vient d'être enregistré est Substantial. Il est sur 'Qn5', le label de Cunnylinguist. Il a sorti un album complet avec Nujabees, en plus d'être un putain de mc, il a une vrai philosophie: francais, ricain, jap, si la prod est bonne il posera volontier dessus.
-Ben ça va, vous avez pas pris le plus con :p
Après pour les autres c'est Kazen, l'homme de l'ombre qui gère ça. On a quelque idées et contacts mais tant qu'on a que des paroles on ne dit rien.
-Ok. Y'a des mc français avec lesquels tu voudrais bosser ?
Quelques-uns, mais je suis du genre à fouiner sur les blogs ou myspace pour trouver de bons mc's; connus ou inconnus d'ailleurs.
-C'est clair: de toute façon c'est sur myspace que sont les vrais taffeurs.
Carrément
-J'ai connecté récemment avec Daz-Ini, p'tet que son délire te plairait bien. Je suis fan.
-Il était justement avec moi pour une itv il n'y a pas très longtemps.
Aux début de ma page myspace en 2006, il m'avait tapé un bon p'ti commentaire: ça m'avait trop boosté.
-Je t'encourage à le contacter: j'ai écouté son dernier et tes sons ont clairement leur place dans l'un de ses délires.
Je sais que ce sont des personnes comme daz ini avec qui on aimerait faire une place sur ce projet.
-Fonce mec... Tu penses avoir la patate nécessaire pour faire mieux que Breakfast ? Parce que, crois-moi, j'te raterai pas si tu fais de la merde après...
Yes ,tu sais quoi ça va peut être te faire mal, mais pour "Breakfast" on a du en supprimer pas mal.
-Pas grave, ce qui compte c'est qu'au final on ai droit à un vrai travail personnel. Carrément
-Faut pas oublier qu'on fait de la musique parce qu'on se sent capable d'apporter quelque chose. Ce que tu as fais.
J'ai eu plein de propositions de dévier, de faire des ambiances plus festives. Et jamais au grand jamais voulu. Mon plaisir ce sont ces sonorités avec ma touche.
-Tu vas balancer un fichier avec les tracks qui n'ont pas été retenues ?
C'est possibles que certaines ce retrouvent sur le prochain.
-Musicalement, que pourrais-être le projet le plus fou que tu pourrais mener ?
Ce qu'on projette de faire est déja un peu fou. Pour moi musicalement c'est partir dans pleins de villes du monde et collaborer, collaborer, digger, créer... Je l'ai déjà fais au Mexique avec un pote français, la mpc dans le sac.
-Ahah, p'tain, j'suis allé à Cancun deux fois... Mais c'est pas une mpc que j'avais dans le sac... plutôt de la bière.
Corona
-Si si senor...
Je suis resté 6 mois à Guadalajara
-Bien, ça...
Mais il est très dur de trouver un mc au Mexique, ils sont vraiment encré Reggaeton. Par contre pour moi on va essayé de collaborer avec des chiliens: ils sont super supers forts et avec une putain de connaissance du HipHop.
-Au Brésil, ça bouge beaucoup niveau HH aussi.
Carrément
-Pour beaucoup, Sao Paulo est la capital du HH en Amérique du sud... Sabotage, Marcelo D2, ça déchire, ça...
Que ce soit au niveau des prods et des mc, il ya du NIVEAU. On a pas encore défini ça sur l'album mais ça sera une putain d'expérience, ce type de collaboration. Pour l'instant, je suis en mode production pendant 2 mois: à fond à fond.
-J'espère que ce sera un projet aussi abouti que le 'Breakfast' !
Je le souhaite plus que tout, l'atout c'est que mon entourage musical est la pour apporter cette même direction
-Tu comptes presser 'Breakfast' en vynil ?
Pas pour l'instant: on a pressé un peu en cd + pochette pour envoyer donc si ça te dit on se recontacte pour que tu en reçoives un p'tit.
-Ah oui, oh oui que je veux bien...
On en enverra à la presse et aux blogs. Je te fais signe dès qu' on les reçois
-Ok, cool...
Et cool qu'on ai pu parler de "Breakfast" et de la musique en général
-C'était le but, mec... Merci d'avoir répondu favorablement à l'invitation. A plus tard.
Merci à HipHop Hourra. Entonces buenas noches amigos y saludos.

Interview réalisée le 6/7/9.

vendredi 3 avril 2009

Quand les mecs respectent...

...LA MUSIQUE !!!
À notre époque, le son est devenu un putain de business ultra-lucratif: on distingue maintenant très facilement ceux qui se servent de la zik pour remplir leurs poches et ceux qui justement veulent faire passer un message. Malgré tout ça, on sait que beaucoup d'artistes confirmés ou non acceptent d'offrir joliment leur anus à ceux qui font que tels ou tels types montent ou non. De la part de ces pseudos artistes, le discours reste le même: il faut faire des concessions, sinon le disque reste dans les oubliettes quitte à justement dénaturer ici et peut-être là... Tout ça pour avoir de l'exposition sur moins d'un mètre à Intermaché ou à l'espace culturel Leclerc. Bref...


Malgré tout ça, il reste encore quelques enfoirés pour qui la musique reste un moyen de toucher le plus de monde. Les petits 'fous' sur lesquels j'ai voulu faire un peu de lumière, bien que je suis convaincu qu'ils n'auront pas besoin de moi pour ça, s'appellent "Onirique": ce petit quartet est composé d'Yvon Guimbang, de Sebastien Piasco, de Lorris Piasco et enfin d' Antoine Bernard.

En fouillant le monde 'Myspace' à la recherche de je ne sais quoi, je tombe vraiment par hasard sur leur page et me laisse séduire par leur musique un brin nostalgique mais pourtant parsemée de bonnes et chaleureuses vibrations. Le tout jusqu'à ce que je découvre que leur album, qui s'appelle "4 saisons en 1 journée", est au téléchargement GRATUIT. Album que je m'empresse de prendre et d'écouter; et putain, c'que c'est fort. Alors, bien sûr on retrouve un peu de ceci, beaucoup de cela, c'est très inspiré mais qu'importe, il y a un vrai travail, de la vraie recherche, des vrais accords et de vraies paroles.
Même s'il est vrai que je n'ai pas tout apprécié, les sons qui se dégagent de l'album sont magnifiques: "4 saisons en 1 journée", "Lotus bleu" m'ont fait saigner du nez abondamment.

J'espère que vous prendrez le temps d'aller visiter leur page 'Myspace' et surtout de lire le petit commentaire adressé à nous, consommateurs de musique. Même si vous ne lisez pas, de toute façon, le message est dans la musique.
En espérant que vous apprécierez autant que moi, faîtes-vous plaisir ;)




4 saisons en 1 journée

1 - La Bonne étoile
2 - Je t'aurai par accident
3 - Je suis une mélodie
4 - Terre d'énigmes F. Les Nubians
5 -Le Mystérieux voyage
6 - Amuse-moi
7 - Lotus bleu
8 - Le "moi" d'hiver
9 - Baléares
10 - Quand je dors
11 - J'y songe
12 - Le Temps d'une chanson
13 - 4 saisons en 1 journée

jeudi 5 février 2009

HipHop pour la bonne cause: Act 3 - Dee Nasty pt. 2


 3H: Alors, pour ce nouvel album, "Système Dee", c'est un matériau totalement inédit ou tu as amené ton projet avorté ?
Dee Nasty: C'est le projet QU'ON M'A FAIT avorter, si je puis dire. Le skeud était prêt à sortir donc après il me fallait vraiment l'occasion. Trad Vibe a choisi de miser sur moi, ça va le faire !
3H: Tu n'as pas peur que ton album soit un peu victime du phénomène "sorti trop tard".
Dee Nasty: "Sorti trop tard", je pense pas; dans cet album où j'ai vraiment tout mis, j'y ai passé du temps, j'y ai mis tellement tout mon être et mon vécu que je pense avoir réaliser quelque chose de totalement intemporel... Quelque chose de vraiment à la croisée des styles de musique que je voulais approcher.
3H: Et justement musicalement, t'as taper dans quoi ?
Dee Nasty: Une sorte de old school futuriste... Futuristique old school. :)
3H: Quel est le thème de l'album, si thème il y a ?
Dee Nasty: Pas forcement de thème particulier, mais s'il y a vraiment un fil conducteur, ben c'est moi. Une sorte de fresque dans laquelle j'aurais mis toutes les ambiances que j'ai pu voir depuis que je suis dans le HipHop...
3H: Au niveau de la production, comment cela s'est-il passé ? Tu as fait appel à d'autres producteurs ?
Dee Nasty: Non, je me suis chargé de tout. Dans mon p'tit home-studio; j'ai composé tous les sons, c'est moi qui ai joué les basses, les lignes de guitare.
3H: Qui retrouvera-t-on en tant qu'invité(s) côté français ?
Dee Nasty: EJM, Khondo, Enz... Des artistes que je trouve vrais et qui ont une belle vision et interprétation de la musique.
3H: C'est ton projet le plus abouti ?
Dee Nasty: Oui, comme je l'ai dis, j'y ai mis beaucoup, voire même trop de moi. J'ai envie depuis le temps d'évacuer la pression.
3H: En parlant de ça, y'a jamais eu un moment, une période ou tu as douté ? Car après tout ce temps, ce n'est qu'en 2008 que Dee Nasty sort l'album qui semble le plus le représenter ?
Dee Nasty: NON ! Jamais jamais. Le truc c'est que le HipHop, la musique, il n'y a que ça que je sache faire... C'est ma bite, quoi...
3H: Dis comme ça effectivement. Côté promo, comment ça se passe ?
Dee Nasty: Moar gère le business, les interviews... les premiers pressages des maxis devraient arriver. Viendra ensuite la version cd courant Février. Sans oublier le grosse soirée du 14 Février, pour tous les amoureux du HipHop; pour le vrai grand lancement de l'album, à l'Antirouille bar, avec moi-même, Moar, Suspect et bien d'autres.
3H: Ben écoute, on va pas te retenir plus longtemps, merci de nous avoir accorder du temps et bon courage pour la suite.
Dee Nasty: Merci à vous et bonne continuation pour votre blog.


Stoof et moi-même avons eu la chance d'aller chez Dee Nasty, avec Moar qui nous a rejoint pendant l'interview, pour écouter quelques sons. Laissez-moi vous dire que "Système Dee" va faire mal. C'est une putain de galette qui risque de plaire à plus d'un.
Voilà, on a passé un grand moment avec un grand bonhomme du HipHop et de la musique mais au-delà de ça, c'était une rencontre très enrichissante. À ce propos, mille mercis à Moar qui a pu faire en sorte que la rencontre soit possible :) .
Merci d'avoir lu l'interview dans son intégralité et pour les plus courageux d'entre vous, rendez-vous le 14 Février pour la soirée.

;)

mardi 3 février 2009

HipHop pour la bonne cause: Act 3 - Dee Nasty pt. 1

"HipHop pour la bonne cause", entreprise initiée aux débuts du blog visant à contacter ceux qui font que toi, moi, elle, lui, eux et surtout nous tous, kiffons le HipHop nous revient aujourd'hui avec une rencontre et QUELLE rencontre: Dee Nasty.

Comment (RE)présenter le bonhomme sans tomber dans les clichés de la grosse gâterie buccale ? Pas facile, tellement les choses à dire vont dans le bon sens: un excellent ami (Stoof, avec qui j'ai réalisé l'interview), avec qui je converse souvent HipHop français, me faisait remarquer (à juste titre) que dans le trop peu de personnes respectables qui gravitent aujourd'hui dans le HipHop français, Dee Nasty méritait notre repsect 1000 fois. Quelques jours après, j'étais contacté pour rencontrer celui qui est l'une des dernières 'livin' legends' du HH chez nous.
Rappelons au passage les quelques faits d'armes du gamin:
Découverte du HH aux alentours de 1979... d'abord dj, organisateur de ce que l'on peu appeler les premières 'soirées HipHop' en France... débuts de Radio Nova... sorti du premier 33 tours en 84 ("Paname City rappin'")... 'Dee Nastyle' sur Nova... des collabos en veux-tu en voilà... premières parties de concerts, des maxis et surtout la grosse tuerie "Deenastyle" en 93... et bien sûr présent (de près comme de loin) jusqu'à aujourd'hui dans le monde de l'underground français.
Si vous cherchez des compléments d'infos, je vous invite à consulter son site, de checker ce qu'en dit Wikipédia ou encore d'aller visiter sa page myspace

L'intégralité de la rencontre a été filmée, mais aux vues de mes piètres qualités journalistiques (en effet, j'étais tellement impressionné par l'événement que j'ai pas arrêté de begueyer), je décide donc de vous éviter de vous foutre de ma gueule. Merci !

Jyuza & Stoof pour HipHop Hourra: Tout d'abord merci d'avoir répondu présent pour l'interview.
Dee Nasty: Merci à vous de m'avoir contacté.
3H: On va éviter tout de suite de perdre du temps, 'Dee Nasty', c'est aujourd'hui plus qu'un nom donc on va pas te questionner sur ta rencontre avec le HH; les gens pourront faire eux-même leur recherche, venir te parler aussi, mais notre première question sera, où étais-tu ces dix dernières années ??
Dee Nasty: Ben toutes ces dix années, je suis resté 'là', toujours en activité. Quelques mésaventures par-ci, d'autres rencontres par-là. J'étais en maison de disque chez Polydor, qui apparemment était chaud pour me sortir, mais entre temps il y eu un changement de directeur artistique avec toutes les mauvaises que cela entraîne: conflit de gestion et donc mauvais management à l'arrivée. Parallèlement à tout ça, je faisais la navette Paris/New York, j'animais des soirées.
3H: Tu as eu de bons retours ?
Dee Nasty: En fait, j'y suis allé surtout pour le challenge. Je savais que j'étais un bon dj ici, mais maintenant je voulais me tester, voire ce que je pouvais valoir là-bas. C'est en ce sens que leurs ambiances diffèrent assez des nôtres: ils y ont différents repères musicaux, c'est pas parce que tu mettras "Sex machine" que tout le monde lèvera les mains en l'air, c'est plus fin que ça. Et ce chez tout publique, même chez les blancs.
3H: Ils ont une plus grande culture musicale surtout en ce sens que la matière première est chez eux.
Dee Nasty: C'est exactement ça... Cela dit, en France ça va; le problème, s'il en est un est que les gens qui ont la culture ne sortent plus.
3H: Financièrement, tu arrivais à t'en sortir ?
Dee Nasty: Oui, je cumulais des 100 dollars par-ci, un peu plus par-là. Ce qui faisait que je pouvais aisément me payer une chambre quelque part et pouvoir vivre de mon kiff' là-bas.J'ai même penser à m'installer, mais j'avais beaucoup trop d'attaches ici...
3H: Et à la suite de tout ça, alors ?
Dee Nasty: J'ai rencontré par la suite un manageur/producteur, qui m'a proposé de faire un nouvel album (Nastyness, en 2001). J'ai donc rameuter les troupes, tous mes potes, le tout sur une partie de mon label qui s'appelait 'Funkzilla' et ça a pas mal fonctionner. Le revers de la médaille fût que ce producteur n'était pas trop clean, donc ça ne m'a pas trop enrichit.
3H: Ce projet là s'est vendu exclusivement en France ou un peu aux States aussi ?
Dee Nasty: On a vendu aussi aux States: on a écoulé 4000 exemplaires là-bas, et 8000 ici. par rapport à l'époque, c'était bien mais pas exceptionnel.
3H: Et après 'Nastyness' ?
Dee Nasty: J'ai un peu disparu des soirées, car j'ai été engagé par Cachaito Lopez, le bassiste de 'Buena Vista Social Club'; j'ai fais des scratches sur deux albums à Cuba, dont celui de Lopez. Comme les albums ont bien marchés, je me suis retrouvé sur la tournée du groupe qui a durée 2/3 ans.
3H: Comment as-tu vécu le tout ? Car mine de rien c'est assez éloigné de ton HipHop...
De Nasty: Éloigné, je ne pense pas. J'ai amené ce que je savais faire, un énorme plus. Il y a pleins de correspondances... En plus, ça été monstrueusement enrichissant, car tu te retrouves sur scène avec des génies de la musique et personne ne fait de différence, tu fais partie du collectif.
3H: Ce qui veut dire aussi qu'en te proposant un tel projet, ils reconnaissent ton talent, de la même manière qu'ils reconnaitraient le talent d'un guitariste, bassiste ou autre.
Dee Nasty: Oui, c'est clair. Pour l'anecdote, on partait en tournée aux States en 2001 et le 11 Septembre on se dirigeait vers New York, mais on a dû rebrousser chemin... La suite on la connait. Sur la tournée américaine, ils m'ont vraiment mis en avant, de par le fait qu'il y avait sur place quelques-uns des plus grands spécialistes des platines, donc j'ai pu pleinement montrer mes capacités. Chose que je n'avais pu faire sur d'autres scènes.
3H: Et au niveau du retour publique ?
Dee Nasty: Ça passait super bien. En plus ça m'a permit par exemple, quand on est allé au Japon, de rester un peu plus longtemps que prévu, de faire quelques clubs, de proposer mes services pour des soirées, de rentrer dans des magasins de vynils, pour chiner...
3H: La parenthèses 'Buena Vista' a durée jusqu'à quand, concrètement ?
Dee: Jusqu'à 2003/2004, bien que vers la fin, ce ne fût plus aussi intense. C'était des concerts ponctuels. À côté de ça, il y a eu une sorte de restructuration du côté de Nova, j'ai donc été obligé de faire mes valises. J'ai un peu galéré pour retrouver une émission; j'ai taffé sur 'Vallée FM'. J'ai refilé l'émission à Dj Tal car les conditions faisaient qu'au niveau timing, je m'y retrouvais plus. Je voulais consacré plus de temps à ma fille. J'ai ensuite été engagé sur 'FG', mais la aussi au niveau de la direction les choses n'étaient pas claires. Ensuite Génération m'a contacté, m'a donné un créneau: donc j'ai mon émission depuis 2007, tous les Lundi 23h/Minuit.
J'ai par la suite monté mon label, "Disques Pirates", pour l'instant plus officieux qu'officiel. Le label 'UWE' m'avait proposer d'héberger mon label, j'avais donc dans l'idée de sortir un p'tit maxi tous les 6 mois. Un premier maxi avec Dynamax, "The Link", qui a pour thème le parallélisme entre HH Ricain et HH Çéfran. Un deuxième maxi 3 trois, avec AMS, "Underground zero", plus une mixtape officielle qui s'appelle "Underground forever". À la suite de ça, tout le monde était chaud pour taffer sur mon album, on parlait même d'y inclure une bande dessinée retraçant ma vie, mais 6 mois après... toujours que dalle. Donc, j'me suis trouvé à devoir démarcher avec mes bandes; sachant qu'entre-temps, sur mon conseil "UWE" signe Birdy Nam Nam... Bon après quelques temps de 'non-errance', je connecte Trad Vibe qui a l'air plus qu'emballer pour sortir mon projet. Dee Nasty chez Trad Vibe, ça commence !!!

mardi 3 juin 2008

HipHop pour la bonne cause: 2ième partie !

Chères amies, chers amis, après avoir reçu dans nos locaux, bien que virtuels, Karakt-r Xplicit, nous avons l'immense honneur de recevoir aujourd'hui Moar.
Moar, MoMo pour les intimes ou encore MoLar pour les plus farceurs langues de vipère d'entres; nous fait partie des activistes qui arrivent aujourd'hui à maturité; musicalement, d'abord mais indéniablement humainement.* *(Je dis ça, mais je ne le connais pas personnellement, simplement, le peu de temps passé à palabrer avec lui indique une ouverture d'esprit que seule la maturité confère).
En pleine période "chaude", il a bien voulu répondre à nos questions.

-Jyuza pour HipHop Hourra: Moar, tout d'abord merci d'avoir répondu à l'invit', ça fait vraiment plaisir.
Moar: C'est moi, le plaisir est partagé.

-Alors peux-tu te présenter, parler de ta découverte du mouvement, ton parcours dans les grandes lignes...

Moar, activiste HipHop, je découvre le HH en 1982 par le break dance; je regardais aussi Hip à chopper présentée par Sydney. En 86, je prends réellement conscience que je veux vivre le HipHop après avoir entendu les Beastie Boys (énorme claque). Je defonce aussi quelques murs fin 80, je prends le micro pour les premières fois aux alentours de 93 et 96 sonne le debut de mon vœu de produire de la musique. Voilà, le tout jusqu'à 2008 et, c'est pas fini...

-Question que l'on a dû te poser mille et une fois, mais quels sont les artistes (même si je m'en doute un peu) qui t'ont inspirés et motivés à entrer dans le biz ?

Slick Rick, Public Enemy, A Tribe Called Quest, Large Professor donc Main Source, No.I D : à l'époque j’achetais tous les disques qui sortaient; car il n'y avait pas grand chose. Sans oublier NWA, Dré, Marley Marl, GangStarr, y'en a eu pleins...

-La réussite d'un mec comme Mc Solaar a t-elle été déterminante pour toi: en sens que, est-ce que ça t'a poussé à taffer mieux et bien ??

Pas la réussite: c’est surtout le talent que pouvait avoir Claude Mc. Cela m'a plus mis en tête de travailler encore et encore toujours être créatif, ne pas fléchir devant l'effort pour arriver à un résultat.

-Travail qui paie aujourd'hui, t'inquiète pas. Sinon, quel regard portes-tu sur l’évolution du mouvement, disons de 85 à 95 ? (D'abord au States et ensuite chez nous)

Les States ont toujours eu l’avance. Que ce soit au niveau des sons qu'en technique de flow etc. Jam Master Jay, Primo qui surenchérissaient d'ingéniosité à chaque album. Les Furious Five, Reverend Run, KRS One, Guru, Rakim, Method Man et beaucoup d'autres: à chaque nouvelle tête on a eu un mc talentueux. Après, il a une grosse accélération: Dre qui s'émancipe d'NWA en créant les prémisses de ce qui sera le G Funk, les Fushnikens. La technique commence vraiment a prendre de l'ampleur. Surtout, les producteurs et maisons de disque se rendent comptent qu’il y a de l’argent. Que le HipHop est une source d'enrichissement pas seulement culturel mais aussi financier.

-En France ?

Les français suivaient. Musicalement, faut vraiment noter une avancée vers 92/93. Car avant les studios étaient tenus par des requins. Donc, forcement dès que l'un d'entres nous avait l'argent pour l'achat du matos, ben on partageait. Preuve de ces grandes avancées, "Paris sous les bombes" sorti en 95 produit par Dj Clyde. Même si un groupe comme Assassin, dès debut 90 a toujours été avant-gardiste avec les prods de Doctor L et justement Clyde; fallait ajouter à cela des morceaux aux textes dénonciateurs.
-De 95 à aujourd’hui.
Aïe... Là je dirais que le cross-over : rnb/rap nique tout. Depuis qu'on est passé de la New Jack ou New Jack Swing à la petite soupe qui nous submerge. Même s'il y a des choses vraiment innovantes du côté des personnes comme J Rawls, Count Bass D et bien d'autres.

-Donc plus évolution ou régression, pour toi ?

Y’a du savoir faire, c'est indéniable. Même dans la merde il y a "du" quelque chose. Simplement du côté du public, donc des gens comme vous et moi d'ailleurs, on achète plus autant qu’avant. On achète plus à l’aveuglette. On prend du temps pour ne pas se faire avoir. Chose que l'on ne faisait pas il y a 15 ans ou plus.

-Tu penses que c'était prévisible ?
Oui, depuis le moment où le Rap tourne en radio… Les maisons de disques font qu'il a un matraquage pour tel ou tel artiste, mais bon. Le pire de toute façon sont les suiveurs: ceux qui se disent "allez on fait un truc HH pour nous montrer. Comme en France nous avons notre période productions violon, celle synthés: les mecs se prennent pour des Mozart. Je regrette l’époque Jeru, Wu Tang, Démocrates D ou on savait encore créer des albums à ambiance.
-Tu penses pas justement que si ça continue, on cours vers une forme d'élitisme ?

Non, il faut éduquer les gens. Il y a de la Musique populaire de qualité. Il faut montrer que l'on fait de la musique pour faire apprécier la musique: il faut fédérer. Le Rap ne fédère plus. Ajoute à cela de moins en moins d'unité au sein même du mouvement. Plus d'entraide. Il est maintenant rare de trouver des mecs à l'ancienne comme Kohndo, par exemple. Des mecs qui veulent s'investir, mais pas simplement pour eux, mais pour la promotion de l'Art.

-La banalisation de l'électronique, de l'informatique a aussi sa part responsabilité, non ? Je veux dire, moi par exemple, j'ai un ordi, Reason et ça y est quoi: je me prends pas pour fat Jon, mais je pourrais si j'étais plus fou que je ne le suis me bombarder producteur... Non, je trouve pas. C'est même un plus. Personnellement, ça m’oblige à être meilleure. Le fait que le matériel soit plus à porter de main(s) génère des mecs moyens, au dessus et bien sûr d'autres en dessous. -La pseudo-crise du skeud... L’industrie prend un coup dans l’aile: mais là aussi, ça m’oblige à être meilleur. Essayer de nouvelles techniques choses, de nouvelles techniques de prod, faire des erreurs aussi: de manière à ne pas les reproduire. J'écoute beaucoup de musique, de tout type et ne me fixe pas de barrières pour faire en sorte d'essayer de faire évoluer la musique.
-À quand Moar faisant du 'Dirty south' ?
Si j’arrive à faire ce que je veux avec, pourquoi pas ? Si moyen d’incorporer un synthétiseur south, pourquoi pas. DeadPrez a réussi à le faire sur "HipHop".
-Tu suis attentivement l'actualité musicale ?

Pas de télé, pas de radio... À l’époque d MTV, quand ça voulait encore dire quelque chose, vers 92, je regardais beaucoup les clips. Sur M6 aussi un peu plus tard avec les "Dj d'une nuit", "Best of Groove" d'Oliver Cachin.

-Ouais, j'ai encore toutes mes k7... Sinon, tu jettes un œil du côté de ceux qui mouvement l'actu en France ?

Connaîs pas le Booba, Sinik, Rohff.

-Dj Mehdi ?

Non plus, il joue sur hype parisienne que personne ne calcule trop. Je fais plus attention à des mecs comme Madjir, Rocé, Kohndo: des mecs qui ont un message et qui savent réellement se faire entendre. L’important est et reste le texte.

-Et au niveau ricain ?

Raashan Ahmad, Kero One, J. Rawls, People Under the Stairs, Kan kick Dj Mistu, LMNO & Kev Brown...

-Aaaaaah, magnifique transition car c'est justement sur ce dernier que je vais t'attaquer: j'ai pu lire récemment "(...) Moar est le Kev Brown français (...)": réaction ?

Moar, Kev’ Brown français.... hhhmm, je sais pas qui a dit ça. Mais nous n'avons vraiment pas la même façon de taffer, la même approche de la chose. J’ai un son plus bostonien (rires), mais la comparaison me fait plaisir. Pas mal inspiré de Pete Rock époque InI.

-Un peu de Jay dee ?

J'ai adoré la période Pharcyde, The Ummah, mais je n'ai plus été aussi séduit par la suite. Je trouve que ça a manqué de fraicheur.

-Ton dernier coup de pied au cul reçu ?
Sa Ra Créative Partner, pour la cohérence dans le disque innovant. Du Herbie Hankock en version Rap avec le côté avant-gardiste.
-Tes prochains projets, qu'est-ce que tu mijotes ?

Un maxi avec Rashan Ahmad qui sort début juin. Un petit quelque chose avec une rappeuse new-yorkaise et un album avec mon père musicien jazz: un album entièrement instrumental entre père et fils. Je taf actuellement sur un titre avec Kero One. Projet innovant, affaire à suivre.

-T'as jamais été tenté de suivre la facilité ?
Non, à la limite je préfère faire de la musique pour la télé genre générique d'émissions ou de pubs mais pas cracher à la gueule du Rap en faisant du n'importe quoi.
-Tu peux nous parler un peu de l'album ?

L'intro, clin d’œil à No.I D et Martin Luther King: idéaliste dans la démarche, album à l’esprit idéal. Album Jazzy, dans le fond comme dans la forme. Avec des textes poignants et à la fois percutants. Le tout servit sur des sons travaillés et justes. "De la musique, tout simple" dixit Olivier Cachin.

-Tu avais une idée précise des featurings ?

Je voulais inviter des potes, que des passionnés Madjir, Kohndo, Dj Suspect, Alex', Tonton Daz...

-C'est toi à la prod de A à Z...

Oui, mais les scratchs signés de Dj Kozi, Dj Suspect, Dj Kane.

-Y'a des personnes qui tu aurais voulu inviter ?
Oui, 20Syl, entre presque voisins (les deux compères étant originaires de Nantes ndlr) mais il finissait son album. Vu que j'ai vraiment voulu prendre mon temps, ne pas hâter les choses. Par exemple, le morceau "Accroché au son" avec Alexy et Siegfried a été créé en 1 an.
-Ce perfectionnisme ce retrouve bien dans des tracks comme "On mérite mieux" et "On court". D'ailleurs, je te remercie de m'avoir fais découvrir MadJir.

MadJir, c'est un ancien et un grand bonhomme, très talentueux.

-Des chances d'avoir plus tard un album Moar/MadJir ?

Oui peut-être mais ce n'est pas en projet. Pas pour l'instant.
-Dommage. Ben écoute mister, moi ça me va. Je te remercie vraiment d'être passer par ici et te souhaite pleins de bonnes choses pour l'avenir.

C'est moi, merci de m'avoir invité.

-Une dédicasse à passer ?

Dédicasses à Trad Vibe records, aux mecs qui achètent des vynils, aux mecs qui achètent des skeuds, les indés, aux activistes, aux mecs qui respectent le HipHop et bien sûr 'Hiphop Hourra'. Peace





Enjoy ;)

vendredi 23 mai 2008

HipHop pour la bonne cause: 1ère partie !

Nous allons voyager un tout petit peu, pas très loin, mais voyager quand même: jusqu'en Suisse , Genève précisément où, nous a donné rendez-vous Karakt-r Xplicit.
Oui et pour faire taire les mauvaises langues, c'est vraiment pas parce qu'il se trouve qu'il soit le cousin de ma femme, hein...

Tout d'abord une petite bio trouvée sur son site:
"Rappeur depuis 2000 commença par quelques freestyles. 4 ans plus tard c'est la sortie de son Street Album "2 La suites dans les idées" qui le propulsa vers l'album "Sans deli-k-tess" auto-produit, sorti en 2006 et, en vente à la Fnac et chez tout les bons disquaires de Suisse Romande.
C'est donc un 3ième album "J'crache mes as" que Karakt-r Xplicit nous mijotes depuis quelques mois; produit par lui même avec son petit Label (Goom Records)."

-HipHop Hourra: Ok ok, tout d'abord mec, tu peux te présenter ?
Karakt-r xplicit: Karakt-r xplicit, rappeur depuis 1999-2000, genevois 25 ans
-Comment t'as commencé à rapper ? Pourquoi ?
j'ai commencé à rapper en voyant mon reuf rapper avec ses potes... J'ai essayé pour le délire et je suis tomber dedans. Ensuite l'écriture s'est révélée être comme une thérapie; donc ça devenait pour moi nécessaire.
-Thérapie pour quoi ? Des maux en particulier ?
Parler des sentiments humains, les états d'âmes, la vie en général... écrire ce qu'on ressens tout simplement.
-Pour que les gens comprennent bien, tu n'es pas venu au Rap pas forcement pour faire comme tout le monde, mais parce que tu y trouvais un moyen de te vider, d'essayer de toucher quelqu'un par ce que tu écris: je me trompe ?
Exact, t'as bien résumé.
-C'est facile de parler de soi sans détour, avec une certaine objectivité ? Ou tu détournes la chose pour embellir un peu ?
Je sais pas trop... J'ai pas le recul suffisant pour analyser clairement, mais disons que dans l'ensemble, c 'est ce que je vie ou ressens qui est retranscrit dans mes textes.
-Autrement dit: tu préfères plaire ou montrer qui tu es réellement ? Pas plaire ou montrer: juste rapper ce que je ressens, après si ca plait et que les gens se retrouvent dans mes textes tant mieux. Sinon tant pis.
-Tu te définis plus comme quel style de mc: engagé, racailleux ou narrateur ???
Narrateur... J'écris sur moi.
-Tu livres en quelque sorte ta biographie avant l'heure...
Oui on peut dire ça comme ça.
-Parle un peu du mouvement en Suisse.
Le mouvement en Suisse est assez limité. La promo c'est chaud mais ça commence enfin à bouger... Un peu. Les concerts commencent à se multiplier, le HipHop commence à avoir la reconnaissance des radios, de nombreuses compilations voient le jour.
Mais le tout reste assez fermé: les maisons de production ne font pas grand chose ou alors vraiment TROP pour le Rap. Il n'y en a pas encore vraiment destinées à ça.
-Et au niveau des activistes ? Comment sont-ils ?
Les gens marchent chacun pour soi, donc ca fait pas avancer les choses. C'est ce que je ressens.
-On est bien loin du "Peace, Love & Unity", quoi... Mais tu penses qu'il y a quand même moyen de faire son trou ou c'est chaud ?
Je pense qu'il y a moyen même si c'est chaud. En tout cas il faut croire en ce que l'on fait. Je fait du son pour faire écouter ce que je ressens et si j'ai un moyen de le faire écouter à un maximum de gens je le fais.
-Recentrons-nous sur toi, maintenant...
Auteur, compositeur, interprète, beatmaker: une sorte de mister majestic'. Raconte un peu...
J'aime autant faire des sons que rapper: pouvoir faire des sons qui colleront parfaitement à ce que l'on va écrire c'est un petit truc en plus à son plaisir personnel.
-J'ai écouté tes deux premières sorties où tu gères tout de A à Z: dans le dernier album dont tu fais la promo en ce moment, tu es aux commandes de tout aussi, ou tu as délégué ?
Non, là aussi j'ai voulu garder le contrôle, sauf que le mixage et le mastering vont être fait par Loko de Neochrome
-Quel est le thème de l'album ?
Le nom c'est "j'craches mes as": comme les autres, ce qui mouvemente ma vie, les filles, le taf, la famille.
-Une idée du suivant ?
Le prochain sera peut-être moins ciblé. Je sais pas trop... Mais moins parler des mêmes thèmes que les précédent, être plus versatile sinon ca va risquer de tourner en rond.
-C'est clair. Toujours en équipe avec ton frère sinon (Dok Bundi ndlr)?
Oui normal: il est sur 3 sons.
-Ton album arrive quand exactement ?
Pas de date encore précise. J'attend les subventions pour faire le mixage et après faire les démarches pour les distrib etc. Mais fin Mai 2008 si tout va bien.
-Tout le mal que je te souhaite c'est que ton album arrive vite et en bonne santé, que les gens sachent qui tu es.
Merci poto, "www.goomrecords.net" c'est mon nouveau site
-Une dédicasse à passer ?
À mon reuf Dok Bundi, Rizzo, Teko Daz, Vk, et la famille brap!!!
-Oki Doki mec, merci d'avoir pris du temps pour nous...
Merci à toi, Peace...
________________________


J'en profite pour vous offrir un petit son issu de son précédent album "V'la tout l'gratin".
À voir aussi le clip de "Contradiction" issue de l'album de Dok Bundi.

Enjoy ;)

Karaktr Xplicit - Contradiction F. Dok Bund

mercredi 21 mai 2008

HipHop pour la bonne cause: 1.troduction

Le Rap français/francophone... aïe aïe aïe... mes proches le savent, les personnes avec lesquelles je parle musique le savent, ben du Rap français je n'en écoute pas beaucoup. Enfin si: mais pas grand chose de récent.
J'apprécie la plume d'Oxmo Puccino époque Time Bomb, donc "Opéra Puccino" et tout ce qu'il a fait par la suite, "L'Invincible Armada" de Mysta D, "L432", un bon vieux Assassin, façon "Écrire contre l'oubli" ou encore "L'Homicide volontaire", "Afrocalypse", d'AfroJazz... 'voyez, toutes sortes de p'tites choses élaborées à l'époque, dans un soucis d'élever le niveau du Rap français toujours plus loin, toujours plus haut, un peu comme la voix du Mellow'.
Maintenant... les mecs nous font du Rap de manière industrielle, se prennent pour des fous, sucent les productions américaines genre, "Dirty South": nan mais attends, du "Dirty South" en France, quoi !!! Comme dirait Mc Jean Gab'1 "m'arrêtez d'déconner les mecs, j'croyais qu'vous étiez sérieux !!!
J'ai souvenir qu'à une époque chez nous, la qualité du produit était l'élément basique d'un album. Aujourd'hui, c'est surtout du calcul, de la promo, des featurings, des clips avec telle ou telle tasspé et, forcément, on arrive sur le marché avec des sons moches, calqués sur les mêmes sons ricains moches.
Le truc c'est que, aux States, pour 10 sorties de qualité douteuse telles que Mims, le Gay Unit, Snoop D-O Double Bitchee et autres Timbaland, vous aurez Pete Rock qui sortira un album d'instrus, Kan Kick qui ravira les fanatiques d'ambiances jazzy, Dj Spinna qui poussera le vice jusqu'à du Jazz-Electro: tout le monde y trouvera son compte. Chez nous, les mecs sont tellement des businessmen, veulent tellement du chiffre que ça y est, ils doivent faire de la daube pour avoir leur place chez La Fnac et Virgin et autres sodomites de la vente.
Mais, heureusement pour les idiots comme moi, il existe encore des connards (je suis désolé, mais il faut vraiment les appeler comme ça, faut croire), qui sont respectueux de la musique, des consommateurs et surtout qui aiment vraiment ce qu'ils font. Il y en, mais il y en trop peu.

((Un bon moyen d'essayer de reconnaître/différencier le bon Rap français du mauvais, c'est simple: où les disquaires exposeront 20 albums du dernier Booba, de Rohff, La Fouine ou du Pingouin, il faut vous focaliser sur les albums qui seront par un. Souvenez-vous: 20 albums d'Alibi Montana, 1 album de Kohndo, 10 albums de Soprano, 1 album de Daz-Ini))

Par "HipHop pour la bonne cause", on essaiera de vous montrer qu'en France, qu'il reste de vrais activistes, ces personnes pour qui le Rap français signifie encore quelque chose. Nous essaierons donc de les rencontrer, de connaître leur point de vue sur concernant le mouvement.
Nous aurons prochainement dans nos studios Moar, qui nous parlera de sa vision du HipHop, français et international et de son superbe album qui, bien sûr est passé presque inaperçu, "Mes influences".


Myspace de Moar

Nous accueillerons aussi Dela, auteur d'"Atmosphère Airlines": petit album de producteur qui fait honneur au HipHop version Jazzy.


Myspace de Dela

Nous prendrons le temps aussi de palabrer avec un digne représentant du HipHop suisse en la personne de Karakt-r Xplicit qui nous parlera de son dernier projet et de son parcours.


Myspace de Karakt-r Xplicit

Voilà, je pense qu'on a parle trop peu du (et de) bon Rap français/francophone, on va essayer d'y remédier.
:)