Affichage des articles dont le libellé est Trad Vibes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Trad Vibes. Afficher tous les articles

dimanche 2 août 2009

Moar - on court F. Daz-Ini


L'une des meilleures pistes de l'album "Mes influences" de Moar. Ici en association avec Daz Ini que vous retrouverez bientôt pour un épisode d' "HipHop pour la bonne cause".
Faîtes-vous plaisir ;)

jeudi 5 février 2009

HipHop pour la bonne cause: Act 3 - Dee Nasty pt. 2


 3H: Alors, pour ce nouvel album, "Système Dee", c'est un matériau totalement inédit ou tu as amené ton projet avorté ?
Dee Nasty: C'est le projet QU'ON M'A FAIT avorter, si je puis dire. Le skeud était prêt à sortir donc après il me fallait vraiment l'occasion. Trad Vibe a choisi de miser sur moi, ça va le faire !
3H: Tu n'as pas peur que ton album soit un peu victime du phénomène "sorti trop tard".
Dee Nasty: "Sorti trop tard", je pense pas; dans cet album où j'ai vraiment tout mis, j'y ai passé du temps, j'y ai mis tellement tout mon être et mon vécu que je pense avoir réaliser quelque chose de totalement intemporel... Quelque chose de vraiment à la croisée des styles de musique que je voulais approcher.
3H: Et justement musicalement, t'as taper dans quoi ?
Dee Nasty: Une sorte de old school futuriste... Futuristique old school. :)
3H: Quel est le thème de l'album, si thème il y a ?
Dee Nasty: Pas forcement de thème particulier, mais s'il y a vraiment un fil conducteur, ben c'est moi. Une sorte de fresque dans laquelle j'aurais mis toutes les ambiances que j'ai pu voir depuis que je suis dans le HipHop...
3H: Au niveau de la production, comment cela s'est-il passé ? Tu as fait appel à d'autres producteurs ?
Dee Nasty: Non, je me suis chargé de tout. Dans mon p'tit home-studio; j'ai composé tous les sons, c'est moi qui ai joué les basses, les lignes de guitare.
3H: Qui retrouvera-t-on en tant qu'invité(s) côté français ?
Dee Nasty: EJM, Khondo, Enz... Des artistes que je trouve vrais et qui ont une belle vision et interprétation de la musique.
3H: C'est ton projet le plus abouti ?
Dee Nasty: Oui, comme je l'ai dis, j'y ai mis beaucoup, voire même trop de moi. J'ai envie depuis le temps d'évacuer la pression.
3H: En parlant de ça, y'a jamais eu un moment, une période ou tu as douté ? Car après tout ce temps, ce n'est qu'en 2008 que Dee Nasty sort l'album qui semble le plus le représenter ?
Dee Nasty: NON ! Jamais jamais. Le truc c'est que le HipHop, la musique, il n'y a que ça que je sache faire... C'est ma bite, quoi...
3H: Dis comme ça effectivement. Côté promo, comment ça se passe ?
Dee Nasty: Moar gère le business, les interviews... les premiers pressages des maxis devraient arriver. Viendra ensuite la version cd courant Février. Sans oublier le grosse soirée du 14 Février, pour tous les amoureux du HipHop; pour le vrai grand lancement de l'album, à l'Antirouille bar, avec moi-même, Moar, Suspect et bien d'autres.
3H: Ben écoute, on va pas te retenir plus longtemps, merci de nous avoir accorder du temps et bon courage pour la suite.
Dee Nasty: Merci à vous et bonne continuation pour votre blog.


Stoof et moi-même avons eu la chance d'aller chez Dee Nasty, avec Moar qui nous a rejoint pendant l'interview, pour écouter quelques sons. Laissez-moi vous dire que "Système Dee" va faire mal. C'est une putain de galette qui risque de plaire à plus d'un.
Voilà, on a passé un grand moment avec un grand bonhomme du HipHop et de la musique mais au-delà de ça, c'était une rencontre très enrichissante. À ce propos, mille mercis à Moar qui a pu faire en sorte que la rencontre soit possible :) .
Merci d'avoir lu l'interview dans son intégralité et pour les plus courageux d'entre vous, rendez-vous le 14 Février pour la soirée.

;)

mardi 3 février 2009

HipHop pour la bonne cause: Act 3 - Dee Nasty pt. 1

"HipHop pour la bonne cause", entreprise initiée aux débuts du blog visant à contacter ceux qui font que toi, moi, elle, lui, eux et surtout nous tous, kiffons le HipHop nous revient aujourd'hui avec une rencontre et QUELLE rencontre: Dee Nasty.

Comment (RE)présenter le bonhomme sans tomber dans les clichés de la grosse gâterie buccale ? Pas facile, tellement les choses à dire vont dans le bon sens: un excellent ami (Stoof, avec qui j'ai réalisé l'interview), avec qui je converse souvent HipHop français, me faisait remarquer (à juste titre) que dans le trop peu de personnes respectables qui gravitent aujourd'hui dans le HipHop français, Dee Nasty méritait notre repsect 1000 fois. Quelques jours après, j'étais contacté pour rencontrer celui qui est l'une des dernières 'livin' legends' du HH chez nous.
Rappelons au passage les quelques faits d'armes du gamin:
Découverte du HH aux alentours de 1979... d'abord dj, organisateur de ce que l'on peu appeler les premières 'soirées HipHop' en France... débuts de Radio Nova... sorti du premier 33 tours en 84 ("Paname City rappin'")... 'Dee Nastyle' sur Nova... des collabos en veux-tu en voilà... premières parties de concerts, des maxis et surtout la grosse tuerie "Deenastyle" en 93... et bien sûr présent (de près comme de loin) jusqu'à aujourd'hui dans le monde de l'underground français.
Si vous cherchez des compléments d'infos, je vous invite à consulter son site, de checker ce qu'en dit Wikipédia ou encore d'aller visiter sa page myspace

L'intégralité de la rencontre a été filmée, mais aux vues de mes piètres qualités journalistiques (en effet, j'étais tellement impressionné par l'événement que j'ai pas arrêté de begueyer), je décide donc de vous éviter de vous foutre de ma gueule. Merci !

Jyuza & Stoof pour HipHop Hourra: Tout d'abord merci d'avoir répondu présent pour l'interview.
Dee Nasty: Merci à vous de m'avoir contacté.
3H: On va éviter tout de suite de perdre du temps, 'Dee Nasty', c'est aujourd'hui plus qu'un nom donc on va pas te questionner sur ta rencontre avec le HH; les gens pourront faire eux-même leur recherche, venir te parler aussi, mais notre première question sera, où étais-tu ces dix dernières années ??
Dee Nasty: Ben toutes ces dix années, je suis resté 'là', toujours en activité. Quelques mésaventures par-ci, d'autres rencontres par-là. J'étais en maison de disque chez Polydor, qui apparemment était chaud pour me sortir, mais entre temps il y eu un changement de directeur artistique avec toutes les mauvaises que cela entraîne: conflit de gestion et donc mauvais management à l'arrivée. Parallèlement à tout ça, je faisais la navette Paris/New York, j'animais des soirées.
3H: Tu as eu de bons retours ?
Dee Nasty: En fait, j'y suis allé surtout pour le challenge. Je savais que j'étais un bon dj ici, mais maintenant je voulais me tester, voire ce que je pouvais valoir là-bas. C'est en ce sens que leurs ambiances diffèrent assez des nôtres: ils y ont différents repères musicaux, c'est pas parce que tu mettras "Sex machine" que tout le monde lèvera les mains en l'air, c'est plus fin que ça. Et ce chez tout publique, même chez les blancs.
3H: Ils ont une plus grande culture musicale surtout en ce sens que la matière première est chez eux.
Dee Nasty: C'est exactement ça... Cela dit, en France ça va; le problème, s'il en est un est que les gens qui ont la culture ne sortent plus.
3H: Financièrement, tu arrivais à t'en sortir ?
Dee Nasty: Oui, je cumulais des 100 dollars par-ci, un peu plus par-là. Ce qui faisait que je pouvais aisément me payer une chambre quelque part et pouvoir vivre de mon kiff' là-bas.J'ai même penser à m'installer, mais j'avais beaucoup trop d'attaches ici...
3H: Et à la suite de tout ça, alors ?
Dee Nasty: J'ai rencontré par la suite un manageur/producteur, qui m'a proposé de faire un nouvel album (Nastyness, en 2001). J'ai donc rameuter les troupes, tous mes potes, le tout sur une partie de mon label qui s'appelait 'Funkzilla' et ça a pas mal fonctionner. Le revers de la médaille fût que ce producteur n'était pas trop clean, donc ça ne m'a pas trop enrichit.
3H: Ce projet là s'est vendu exclusivement en France ou un peu aux States aussi ?
Dee Nasty: On a vendu aussi aux States: on a écoulé 4000 exemplaires là-bas, et 8000 ici. par rapport à l'époque, c'était bien mais pas exceptionnel.
3H: Et après 'Nastyness' ?
Dee Nasty: J'ai un peu disparu des soirées, car j'ai été engagé par Cachaito Lopez, le bassiste de 'Buena Vista Social Club'; j'ai fais des scratches sur deux albums à Cuba, dont celui de Lopez. Comme les albums ont bien marchés, je me suis retrouvé sur la tournée du groupe qui a durée 2/3 ans.
3H: Comment as-tu vécu le tout ? Car mine de rien c'est assez éloigné de ton HipHop...
De Nasty: Éloigné, je ne pense pas. J'ai amené ce que je savais faire, un énorme plus. Il y a pleins de correspondances... En plus, ça été monstrueusement enrichissant, car tu te retrouves sur scène avec des génies de la musique et personne ne fait de différence, tu fais partie du collectif.
3H: Ce qui veut dire aussi qu'en te proposant un tel projet, ils reconnaissent ton talent, de la même manière qu'ils reconnaitraient le talent d'un guitariste, bassiste ou autre.
Dee Nasty: Oui, c'est clair. Pour l'anecdote, on partait en tournée aux States en 2001 et le 11 Septembre on se dirigeait vers New York, mais on a dû rebrousser chemin... La suite on la connait. Sur la tournée américaine, ils m'ont vraiment mis en avant, de par le fait qu'il y avait sur place quelques-uns des plus grands spécialistes des platines, donc j'ai pu pleinement montrer mes capacités. Chose que je n'avais pu faire sur d'autres scènes.
3H: Et au niveau du retour publique ?
Dee Nasty: Ça passait super bien. En plus ça m'a permit par exemple, quand on est allé au Japon, de rester un peu plus longtemps que prévu, de faire quelques clubs, de proposer mes services pour des soirées, de rentrer dans des magasins de vynils, pour chiner...
3H: La parenthèses 'Buena Vista' a durée jusqu'à quand, concrètement ?
Dee: Jusqu'à 2003/2004, bien que vers la fin, ce ne fût plus aussi intense. C'était des concerts ponctuels. À côté de ça, il y a eu une sorte de restructuration du côté de Nova, j'ai donc été obligé de faire mes valises. J'ai un peu galéré pour retrouver une émission; j'ai taffé sur 'Vallée FM'. J'ai refilé l'émission à Dj Tal car les conditions faisaient qu'au niveau timing, je m'y retrouvais plus. Je voulais consacré plus de temps à ma fille. J'ai ensuite été engagé sur 'FG', mais la aussi au niveau de la direction les choses n'étaient pas claires. Ensuite Génération m'a contacté, m'a donné un créneau: donc j'ai mon émission depuis 2007, tous les Lundi 23h/Minuit.
J'ai par la suite monté mon label, "Disques Pirates", pour l'instant plus officieux qu'officiel. Le label 'UWE' m'avait proposer d'héberger mon label, j'avais donc dans l'idée de sortir un p'tit maxi tous les 6 mois. Un premier maxi avec Dynamax, "The Link", qui a pour thème le parallélisme entre HH Ricain et HH Çéfran. Un deuxième maxi 3 trois, avec AMS, "Underground zero", plus une mixtape officielle qui s'appelle "Underground forever". À la suite de ça, tout le monde était chaud pour taffer sur mon album, on parlait même d'y inclure une bande dessinée retraçant ma vie, mais 6 mois après... toujours que dalle. Donc, j'me suis trouvé à devoir démarcher avec mes bandes; sachant qu'entre-temps, sur mon conseil "UWE" signe Birdy Nam Nam... Bon après quelques temps de 'non-errance', je connecte Trad Vibe qui a l'air plus qu'emballer pour sortir mon projet. Dee Nasty chez Trad Vibe, ça commence !!!

vendredi 24 octobre 2008

... et la magie fût...

Chers vous, j'ai en ma possession un petit biscuit qui risque de faire couler pas mal d'encre et de larmes: Trad Vibes, le petit label parisien qui monte nous gratifie d'un mini album comprenant 6 titres et... c'est excellent !!
"Wizard performances" qui, au passage, aurait très bien pu s'appeler "Skills" tellement les sons sont de niveau international, est tout simplement complet.
Trop souvent, bien d'albums se trouvent au final trop remplis de ceci, ou trop manquant de cela; ici, l'alternance des sons est aussi normale que la suite du jour à la nuit: aucunes ne déborde sur sa suivante.




1 - Breaksploitation produit par Suspect
2 - In the begining was the beat produit par Yann Kesz
3 - Open your eyes produit par Mr. HoNe
4 - Money produit par Moar
5 - Nos nuits produit par Saneyes
6 - Pieces of mind produit par Two Elements

La première écoute laisse interrogatif, un peu comme un réveil quand votre moitié vous demandez de quoi vous avez rêvez. Ben là, on essaie de se rappeler à quel(s) production nous font penser les sons: un peu de Pete Rock ?? Fat Jon ? du Jay Dee alors ? Peut-être du Samon Kawamura ou du Nick Nack... mais nan, c'est plus que ça. Ça sonne résolument quelque chose de difficilement identifiable. Tellement évidement en plus: ça sonne HipHop FRANÇAIS !
Ce HipHop nourrie, dopé, fortifié de diverses écoutes, origines, de respect, d'aspirations et savoir faire d'ici et d'ailleurs dont, d'ailleurs nos oreilles pouvaient se délecter il y a de ça plus d'une dizaine d'années.
Non pas que nous avons ici une révolution, mais un travail d'orfèvre qui je l'espère fera date par sa qualité et son humilité.

-"Breaksploitatin", véritable hymne au Breakbeat au ton soutenu de bout en bout, comme une poursuite ponctuée d'une chute ouverte ou brutale (c'est au choix).
-"In the begining" avec son beat surprenant est... intemporelle; vous êtes ici, là dans un espace totalement déstructuré mais ayant pourtant une ligne conductrice, "Beat generation".
-"Open your eyes", ma préférée, propose une tempo lent, calme presque sensuelle. Le tout 'aromatisée' d'une outro comme je les aime.
-"Money" nous replonge dans le Breakbeat, comme pour continuer la poursuite initiée par "Breaksploitation". Le tout servi par des violons bien accordés qui viennent buter sur une ligne de basse agressive.
-"Nos nuits" est l'exemple type de ce dont je vous parlais plus haut: ça ressemble à, mais ça n'en est pas. Ou plutôt, c'est la continuité du travail de Pete, de Nick Nack, de Fat Jon mais avec une réelle identité. On apprécie particulièrement le beat simple mais ultra efficace.
-"Pieces of mind", c'est la conclusion d'un superbe moment passé: comme si on vous disait "c'est dommage, mais nous fermons". 3 petites instrus dans une seule, comme Hier, Aujourd'hui et Demain dans une vie. À dominante nostalgique...

À la relecture de ces quelques lignes, je me rends compte que je l'ai joué pas mal 'poète', le fait est que le travail proposé est tellement juste et représentatif de ce que doit être le HipHop Français qu'on ne peut qu'être charmé.
Le revers de la médaille, POUR VOUS :p , est que je n'ai pas de teaser ni de sons à vous faire tourner pour le moment. Sachez simplement que l'album arrive bientôt.

... et la magie fût après la performance des magiciens...

mardi 3 juin 2008

HipHop pour la bonne cause: 2ième partie !

Chères amies, chers amis, après avoir reçu dans nos locaux, bien que virtuels, Karakt-r Xplicit, nous avons l'immense honneur de recevoir aujourd'hui Moar.
Moar, MoMo pour les intimes ou encore MoLar pour les plus farceurs langues de vipère d'entres; nous fait partie des activistes qui arrivent aujourd'hui à maturité; musicalement, d'abord mais indéniablement humainement.* *(Je dis ça, mais je ne le connais pas personnellement, simplement, le peu de temps passé à palabrer avec lui indique une ouverture d'esprit que seule la maturité confère).
En pleine période "chaude", il a bien voulu répondre à nos questions.

-Jyuza pour HipHop Hourra: Moar, tout d'abord merci d'avoir répondu à l'invit', ça fait vraiment plaisir.
Moar: C'est moi, le plaisir est partagé.

-Alors peux-tu te présenter, parler de ta découverte du mouvement, ton parcours dans les grandes lignes...

Moar, activiste HipHop, je découvre le HH en 1982 par le break dance; je regardais aussi Hip à chopper présentée par Sydney. En 86, je prends réellement conscience que je veux vivre le HipHop après avoir entendu les Beastie Boys (énorme claque). Je defonce aussi quelques murs fin 80, je prends le micro pour les premières fois aux alentours de 93 et 96 sonne le debut de mon vœu de produire de la musique. Voilà, le tout jusqu'à 2008 et, c'est pas fini...

-Question que l'on a dû te poser mille et une fois, mais quels sont les artistes (même si je m'en doute un peu) qui t'ont inspirés et motivés à entrer dans le biz ?

Slick Rick, Public Enemy, A Tribe Called Quest, Large Professor donc Main Source, No.I D : à l'époque j’achetais tous les disques qui sortaient; car il n'y avait pas grand chose. Sans oublier NWA, Dré, Marley Marl, GangStarr, y'en a eu pleins...

-La réussite d'un mec comme Mc Solaar a t-elle été déterminante pour toi: en sens que, est-ce que ça t'a poussé à taffer mieux et bien ??

Pas la réussite: c’est surtout le talent que pouvait avoir Claude Mc. Cela m'a plus mis en tête de travailler encore et encore toujours être créatif, ne pas fléchir devant l'effort pour arriver à un résultat.

-Travail qui paie aujourd'hui, t'inquiète pas. Sinon, quel regard portes-tu sur l’évolution du mouvement, disons de 85 à 95 ? (D'abord au States et ensuite chez nous)

Les States ont toujours eu l’avance. Que ce soit au niveau des sons qu'en technique de flow etc. Jam Master Jay, Primo qui surenchérissaient d'ingéniosité à chaque album. Les Furious Five, Reverend Run, KRS One, Guru, Rakim, Method Man et beaucoup d'autres: à chaque nouvelle tête on a eu un mc talentueux. Après, il a une grosse accélération: Dre qui s'émancipe d'NWA en créant les prémisses de ce qui sera le G Funk, les Fushnikens. La technique commence vraiment a prendre de l'ampleur. Surtout, les producteurs et maisons de disque se rendent comptent qu’il y a de l’argent. Que le HipHop est une source d'enrichissement pas seulement culturel mais aussi financier.

-En France ?

Les français suivaient. Musicalement, faut vraiment noter une avancée vers 92/93. Car avant les studios étaient tenus par des requins. Donc, forcement dès que l'un d'entres nous avait l'argent pour l'achat du matos, ben on partageait. Preuve de ces grandes avancées, "Paris sous les bombes" sorti en 95 produit par Dj Clyde. Même si un groupe comme Assassin, dès debut 90 a toujours été avant-gardiste avec les prods de Doctor L et justement Clyde; fallait ajouter à cela des morceaux aux textes dénonciateurs.
-De 95 à aujourd’hui.
Aïe... Là je dirais que le cross-over : rnb/rap nique tout. Depuis qu'on est passé de la New Jack ou New Jack Swing à la petite soupe qui nous submerge. Même s'il y a des choses vraiment innovantes du côté des personnes comme J Rawls, Count Bass D et bien d'autres.

-Donc plus évolution ou régression, pour toi ?

Y’a du savoir faire, c'est indéniable. Même dans la merde il y a "du" quelque chose. Simplement du côté du public, donc des gens comme vous et moi d'ailleurs, on achète plus autant qu’avant. On achète plus à l’aveuglette. On prend du temps pour ne pas se faire avoir. Chose que l'on ne faisait pas il y a 15 ans ou plus.

-Tu penses que c'était prévisible ?
Oui, depuis le moment où le Rap tourne en radio… Les maisons de disques font qu'il a un matraquage pour tel ou tel artiste, mais bon. Le pire de toute façon sont les suiveurs: ceux qui se disent "allez on fait un truc HH pour nous montrer. Comme en France nous avons notre période productions violon, celle synthés: les mecs se prennent pour des Mozart. Je regrette l’époque Jeru, Wu Tang, Démocrates D ou on savait encore créer des albums à ambiance.
-Tu penses pas justement que si ça continue, on cours vers une forme d'élitisme ?

Non, il faut éduquer les gens. Il y a de la Musique populaire de qualité. Il faut montrer que l'on fait de la musique pour faire apprécier la musique: il faut fédérer. Le Rap ne fédère plus. Ajoute à cela de moins en moins d'unité au sein même du mouvement. Plus d'entraide. Il est maintenant rare de trouver des mecs à l'ancienne comme Kohndo, par exemple. Des mecs qui veulent s'investir, mais pas simplement pour eux, mais pour la promotion de l'Art.

-La banalisation de l'électronique, de l'informatique a aussi sa part responsabilité, non ? Je veux dire, moi par exemple, j'ai un ordi, Reason et ça y est quoi: je me prends pas pour fat Jon, mais je pourrais si j'étais plus fou que je ne le suis me bombarder producteur... Non, je trouve pas. C'est même un plus. Personnellement, ça m’oblige à être meilleure. Le fait que le matériel soit plus à porter de main(s) génère des mecs moyens, au dessus et bien sûr d'autres en dessous. -La pseudo-crise du skeud... L’industrie prend un coup dans l’aile: mais là aussi, ça m’oblige à être meilleur. Essayer de nouvelles techniques choses, de nouvelles techniques de prod, faire des erreurs aussi: de manière à ne pas les reproduire. J'écoute beaucoup de musique, de tout type et ne me fixe pas de barrières pour faire en sorte d'essayer de faire évoluer la musique.
-À quand Moar faisant du 'Dirty south' ?
Si j’arrive à faire ce que je veux avec, pourquoi pas ? Si moyen d’incorporer un synthétiseur south, pourquoi pas. DeadPrez a réussi à le faire sur "HipHop".
-Tu suis attentivement l'actualité musicale ?

Pas de télé, pas de radio... À l’époque d MTV, quand ça voulait encore dire quelque chose, vers 92, je regardais beaucoup les clips. Sur M6 aussi un peu plus tard avec les "Dj d'une nuit", "Best of Groove" d'Oliver Cachin.

-Ouais, j'ai encore toutes mes k7... Sinon, tu jettes un œil du côté de ceux qui mouvement l'actu en France ?

Connaîs pas le Booba, Sinik, Rohff.

-Dj Mehdi ?

Non plus, il joue sur hype parisienne que personne ne calcule trop. Je fais plus attention à des mecs comme Madjir, Rocé, Kohndo: des mecs qui ont un message et qui savent réellement se faire entendre. L’important est et reste le texte.

-Et au niveau ricain ?

Raashan Ahmad, Kero One, J. Rawls, People Under the Stairs, Kan kick Dj Mistu, LMNO & Kev Brown...

-Aaaaaah, magnifique transition car c'est justement sur ce dernier que je vais t'attaquer: j'ai pu lire récemment "(...) Moar est le Kev Brown français (...)": réaction ?

Moar, Kev’ Brown français.... hhhmm, je sais pas qui a dit ça. Mais nous n'avons vraiment pas la même façon de taffer, la même approche de la chose. J’ai un son plus bostonien (rires), mais la comparaison me fait plaisir. Pas mal inspiré de Pete Rock époque InI.

-Un peu de Jay dee ?

J'ai adoré la période Pharcyde, The Ummah, mais je n'ai plus été aussi séduit par la suite. Je trouve que ça a manqué de fraicheur.

-Ton dernier coup de pied au cul reçu ?
Sa Ra Créative Partner, pour la cohérence dans le disque innovant. Du Herbie Hankock en version Rap avec le côté avant-gardiste.
-Tes prochains projets, qu'est-ce que tu mijotes ?

Un maxi avec Rashan Ahmad qui sort début juin. Un petit quelque chose avec une rappeuse new-yorkaise et un album avec mon père musicien jazz: un album entièrement instrumental entre père et fils. Je taf actuellement sur un titre avec Kero One. Projet innovant, affaire à suivre.

-T'as jamais été tenté de suivre la facilité ?
Non, à la limite je préfère faire de la musique pour la télé genre générique d'émissions ou de pubs mais pas cracher à la gueule du Rap en faisant du n'importe quoi.
-Tu peux nous parler un peu de l'album ?

L'intro, clin d’œil à No.I D et Martin Luther King: idéaliste dans la démarche, album à l’esprit idéal. Album Jazzy, dans le fond comme dans la forme. Avec des textes poignants et à la fois percutants. Le tout servit sur des sons travaillés et justes. "De la musique, tout simple" dixit Olivier Cachin.

-Tu avais une idée précise des featurings ?

Je voulais inviter des potes, que des passionnés Madjir, Kohndo, Dj Suspect, Alex', Tonton Daz...

-C'est toi à la prod de A à Z...

Oui, mais les scratchs signés de Dj Kozi, Dj Suspect, Dj Kane.

-Y'a des personnes qui tu aurais voulu inviter ?
Oui, 20Syl, entre presque voisins (les deux compères étant originaires de Nantes ndlr) mais il finissait son album. Vu que j'ai vraiment voulu prendre mon temps, ne pas hâter les choses. Par exemple, le morceau "Accroché au son" avec Alexy et Siegfried a été créé en 1 an.
-Ce perfectionnisme ce retrouve bien dans des tracks comme "On mérite mieux" et "On court". D'ailleurs, je te remercie de m'avoir fais découvrir MadJir.

MadJir, c'est un ancien et un grand bonhomme, très talentueux.

-Des chances d'avoir plus tard un album Moar/MadJir ?

Oui peut-être mais ce n'est pas en projet. Pas pour l'instant.
-Dommage. Ben écoute mister, moi ça me va. Je te remercie vraiment d'être passer par ici et te souhaite pleins de bonnes choses pour l'avenir.

C'est moi, merci de m'avoir invité.

-Une dédicasse à passer ?

Dédicasses à Trad Vibe records, aux mecs qui achètent des vynils, aux mecs qui achètent des skeuds, les indés, aux activistes, aux mecs qui respectent le HipHop et bien sûr 'Hiphop Hourra'. Peace





Enjoy ;)