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jeudi 5 septembre 2013

Musique Classique: Acte 8 - Common (Sense)

Common... Pas facile de parler de cette catégorie d'artistes qui ont fini pas vous décevoir...
Bon, Common, qui se faisait appeler à ses débuts 'Common Sense' commença officiellement sa carrière en 1992 en sortant le célèbre "Can I borrow  a dollar ?": album entièrement produit par No ID (lui-même connu auparavant sous le pseudonyme 'Immenslope) et The Beatnuts.
Il n'est pas encore l'artiste que l'on connait mais les prémices se font déjà sentir: cette écriture intelligente, ce timbre  de voix et ce débit qu'il n'aura jamais perdu.
Sortie très remarquée pour un 'Sophomore' puisqu'il arrive tout de même à placer 3 singles dans les tops 100 Rap.
Sa mutation musicale coïncide, pour ainsi dire avec celle de No ID: quand le prodo a trouvé le 'son' qui l'a fait connaitre par exemple pour ses productions dédiées à Notorious B.I.G..: le tout se matérialise par le superbe 'Resurrection' sorti en 1994. Où justement 'CIBAD?' est un bon premier album, cette seconde sortie fait mouche à tous niveaux. Encensée par la critique pro et populaire, il est l'un des albums les plus citées de la période qu'on appelle 'années dorées' du HipHop.
Ces samples de pianos, de basses, ses scratchs qui cristallisent à eux seuls toute une époque sont la marque de fabrique de l'album. Il faut dire aussi que la 'draft' de '94, c'est pas Sinik, B2O, La Fouine, Lil' Wayne ou Lara Fabian: 'Illmatic' de NaS, 'Hard to earn' de GangStarr, Tupac et son 'Thug life', 'The Main ingredient' de Pete Rock & Cl Smooth, Gravediggaz,  Fu-Schnikens, Jeru, Lords Of The Underground, Mc Solaar, Warren G, ... bon, je vais m'arrêter là. Juste pour dire qu'un album qui est remarqué en 1994 n'est pas le fruit du hasard ou alors un enchainement de tweets ou de vidéos sur Youtube (pour qui comprendra).


Resurrection

1 - Resurrection
2 - I used to love H.E.R.
3 - Watermelon
4 - Book of life
5 - In my own world (Check the method)
6 - Another wasted night with...
7 - Nuthin' to do
8 - Communism
9 - W.M.O.E.
10 - Thisisme
11 - Orange pineapple juice
12 - Chapter 13 (Rich man vs. poor man)
13 - Maintaining
14 - Sum shit I wrote
15 - Pop's Rap

La plume de Common se fait plus subtile ici, beaucoup de non-dits et de métaphores qu'il utilise toujours de fort belle manière; "Book of life" et "Chapter 13" en sont un bel exemple. On appréciera aussi 'ses' prises de position par rapport au communisme dans la track nommée justement "Communism". À noter aussi la première apparition de son père pour ce qui est maintenant le traditionnel 'Pop's Rap'.

Avec le succès de cet album, il en profite pour explorer de nouvelles pistes musicales grâce à cette époque qui se tourne doucement mais surement vers ce qui sera quelques années plus tard le grand courant 'New Soul' ou 'NuSoul'; c'est à ce moment là que D'Angelo commence à faire parler de lui, d'autres artistes comme Erykah Badu, se font aussi connaître, mais c'est surtout le début des grandes années du label 'Rawkus'. Tout concorde donc pour Common qui cherche profondément à faire évoluer sa plume: naît alors l'album 'One day it'll make sense'.


 One day it all make sense

1 - Introspective
2 - Invocation
3 - Real nigga quotes
4 - Retrospect for life F. Laureen Hill
5 - Gettin' down at the amphitheater
6 - Food for Funk F. De La Soul
7 - G.O.D. (Gaining One's Definition
8- My city F. Cee-Lo
9 - Hungry
10 - All ight long F. Erykah Badu
11 - Stolen moments Pt. 1
12 - Stolen moments Pt. 2 F. Black Thought
13 - 1, 2 many
14 - Stolen moments Pt. 3 F. Q-Tip
15 - Making a name for ourselves F. Canibus
16 - Remind me (Of sef) F. Chantay Savage
17 - Pop's Rap II/Fatherhood

Je vais peu m'attarder sur cet opus, mais s'il y a bien une chose à dire, c'est qu'il est le premier revers commercial du rappeur. En effet, 'ODIMS' s'est mal vendu, parce qu'il a mal été compris à sa sortie (et ce 5 ans avant 'Electric circus). Le public s'attendait peut-être à un opus plus 'Rap' que 'Soulful' ou alors n'avons certainement pas été prêt pour tout cet élan d'amour, de positivité et d'élévation de conscience qui débordent des textes.
Dans le fond, c'est magnifique: il y partage l'écriture avec son père, Lonnie Lynn dit 'Pops'. On compte comme featurings Q-Tip, Cee-Lo, Erykah Badu, Laureen Hill, Black Thought (The Roots) et même Canibus. Côté production No ID est toujours là, auquel on ajoute Dug Infinite (qui produit 2 tracks sur le premier album), The Roots et un p'tit nouveau appelé Karriem Riggins. Donc autant dire que la forme est elle aussi, tout à fait remarquable.
Si je devais conseiller au moins 2 morceaux symbolisant cet album, ils seraient 'Stolen moments part 3' et 'All night long'.



L'époque change, que ce soit socialement ou musicalement, des artistes disparaissent plus ou moins de la circulation, d'autres justement confirment leur talent et c'est justement à ce moment que se forme l'une des concentrations d'artistes HipHop les plus talentueuses, j'ai nommé les Soulquarians.
Il n'y a pas 36 projets finalisés de A & Z par ce crew, mais les quelques qui nous sont parvenus ont laissé et laissent jusqu'à présent un marquage au fer dans nos esprits: on peut noté 'Voodoo' de D'Angelo, 'Lucy Pearl' du groupe éponyme, le très très très très, très sous-côté 'Worldwide undergroud' d'Erykah Badu, dans une moindre mesure 'Amplified' de Q-Tip (et la je sens le regard farouche de tous les pro Jay Dee pointé vers moi), 'RH factor' de Roy Hargrove et bien sûr le génial 'Like water for chocolate'.
Il n'y a aucune autres œuvres qui symbolisent... non, qui matérialisent autant l'alchimie et le génie de toute cette clique: pourtant, vous savez tout le bien que je porte au 'WU' de Badu, mais l'album de Common le surpasse en bien des points.



Like water for chocolate

1 - Time travelin' (A tribute to Fela)
2 - Heat
3 - Cold Blooded F. Black Though
4 - Dooinit
5 - The Light
6 - Funky for you
7 - The Questions F. Mos Def
8 - Time travelin' reprise
9 - The 6th sense
10 - A film called (Pimp) F. Mc Lyte
11 - Nag champa (Afrodisiac for the world)
12 - Thelonius F. Slum Village
13 - Payback is a grandmother
14 - Geto Heaven remix T.S.O.I.
15 - A song for Assata
16 - Pops Rap III... all my children

J'imagine un peu le truc de loin quand Jay Dee et ?uestlove devaient être en studio:
Dilla - "Hey Love, regarde un peu ses skeuds que j'ai trouvé en chinant... écoute le sample de Bobby Caldwell... (explosion nucléaire quelque part dans l'univers)
?uest - Bien bien, j'ai le parfait set de drums qui pourrait aller dessus (re-explosion nucléaire quelque part dans l'univers). Mais au fait, il est où D'Angelo ?
D'Angelo - J'suis là les gars, j'étais juste au KFC... J'ai entendu que vous faisiez un peu de son pour le p'tit; mais vous savez quoi ? Si vous pitché légèrement comme ça, ça le fait plus (disparition d'une galaxie).
Et surtout le pauvre Common qui, en cabine devait se dire "Mais putain mais qu'est-ce que j'vais pouvoir écrire là-dessus, moi ???"

Bref, tout est parfait tout au long des ses 80 minutes d'orgasme musicale: les samples, l'utilisation de ces derniers, les textes, les invités et bien sûr, je ne le répéterai jamais assez, la concordance avec cette époque qui cherchait ses nouveaux héros HipHop; c'est précisément cela qui fait de 'Like water for chocolate' L'ALBUM de la discographie de Common. Il rend à lui seul obsolète le travail effectué auparavant et annihile toute suite de carrière. Et c'est malheureusement un peu ce qui s'est passé.
2 sons à conseiller ? Outre 'The light', je conseille volontier 'The 6th sense' qui est une production de Primo, mais là, le son GangStarr s'accorde tellement bien qu'il devient incontournable des discussions sur cet album. Puis, 'Pops Rap 3: all my children', monument du... Slam ou Spoken word.







Élu album de l'année un peu partout sur le globe, Common décide alors de chercher un autre son, et peut-être un autre lui. Un autre processus d'écriture et de recherche musicale se met donc en mouvement. Avec le recul, Common aurait peut-être du attendre un peu plus longtemps avant de ressortir quelques chose: le temps que l'on digère correctement, même si on se remet jamais d'un album comme celui-ci, de même qu'on entendra jamais dire "ah ouais, j'ai écouté 'The Dark side of the moon' de Pink Floyd, mais ouais, j'suis passé à autre chose..."
Je le dis une fois de plus, dans l'idée et la vérité "Electric circus" est tout bonnement magnifique, mais Dieu osera t-il nous pardonner*, nous n'étions pas prêts (*j'aime bien donner dans le mélo de temps à autres).


Beaucoup de choses ont été dite sur cet album: qu'il est génial, que c'est une grosse daube, que Common s'est foutu du monde; mais en tout cas, la principale qualité qu'on peut lui attribuer est qu'il n'a laissé personne indifférent.
Loin, très loin du son de base des Soulquarians, bien que ceux-ci soient une des composantes inaliénables de cet opus, il nous a été vendu comme étant une expérience oscillant entre Rap, NuSoul, Alternatif et surtout se voulant proche et inspiré de la musique de Jimi Hendrix. Dans les faits, de mon point de vue, cela se rapproche plus de la démarche 'progressiste' qu'on eu certains rockeurs et jazzmen il y a de ça (plus de) 40 ans. Je m'explique, prenez un groupe comme Pink Floyd ou Genesis, à leur début, ils faisaient du Rock très influencé par le Blues influencé par Muddy Waters entre autre et à un moment se sont retrouvé quelque peu coincés artistiquement parlant et ont donc voulu expérimenter d'autres horizons musicaux; c'est là que naît que le Rock Progressif. 
Il est possible que je me trompe, mais je suis convaincu que c'est à ce moment-là précis que se situe la démarche de Common: ne pas chercher à bêtement donner au public ce qu'il cherche, mais essayer de créer un esprit et une originalité. Bien mal lui en a pris car, c'est justement cette originalité qui a coûté à son album: comment réagir à "Jimi was a rockstar" quand vous venez d'écouter "A song for Assata" ? Ça fait vraiment bizarre... 
La forme de cet album est quelque peut déroutante, nous naviguons constamment en eaux résolument NeoSoul que même les beats dits de Rap ne rassurent pas, quand vous êtes là dans l'optique d'écouter de bout en bout un album de Rap. Voilà pourquoi la première écoute fut chaotique pour beaucoup: je n'ai moi-même pas honte de dire qu'en 2002 je faisais parti de ceux qui ont craché dessus. Malgré un premier single qui vient admirablement faire le lien entre "Like water for chocolate" et "Electric circus": "Come close" fut une agréable surprise et fatalement l'arbre qui cacha la forêt à l'époque. Son remix étincelant, qui invitait Q-Tip et Pharrell (jensaipaécrirunseiz) Williams, produit par Jay Dee a donné chaud à pas mal de monde.

Quand vous avez la présence d'esprit de ne pas forcement vouloir rester sur votre fin, vous revenez à cet album et là, c'est soit la révélation ou la confirmation:
-La révélation car hormis les 2 ou 3 morceaux que vous n'appréciez toujours pas, ceux qui auparavant passaient 'juste', apparaissent comme de véritables chef-d’œuvres. "The Hustle" et "Aquarius" en tête. Pourquoi ? Peut-être parce que la magie opère maintenant et/ou qu'il fallait juste que l'oreille s'habitue à ce Rap exposé sous un angle différent. 'Heaven somewhere' apparait maintenant comme subliminal et les 10 minutes que durent le morceau sont même trop courtes.
-La confirmation que vous n'avez bel et bien rien à faire ici: vous vouliez du bon gros HipHop et il n'y a rien pour vous hormis les cendres fumantes d'un artiste qui a intérêt à se sortir les doigts du c*l au prochain album. Pas grand chose à ajouter et vous allez chercher ses travaux précédents pour compenser la gêne.


Et ensuite ? Bah ensuite Common décide de revenir aux fondamentaux: à savoir gros sample, Mpc, Sp12 etc avec plus ou moins de réussite. Arrive donc l'album 'Be' qui pointe le bout de son nez en Mai 2005. C'est loin d'être un mauvais l'album, loin de là même. Seulement, comment dire ça: la seule phrase qui peut résumer ce que je pense de cette sortie est à mettre au crédit de Common lui-même. Il dit lors d'une interview de promo de l'album qu' "avec Kanye West, j'ai trouvé mon nouveau Jay Dee". Moi, Kanye West, je n'ai rien contre lui, vraiment. Je ne remets en aucun cas ses talents de musicien, de producteur, mais bon, on peut difficilement le mettre en compétition avec Jay Dee, quoi. Dilla a produit 2 sons sur 'Be', West produisant la quasi-totalité de l'album: "Faithful", "Go" et surtout "They say" qui fait directement écho aux critiques reçues pour "Electric circus" sont excellents, il n'y a rien à redire la-dessus, mais quand vous entendez pour la première fois ceci:

 
(Love is)

'Be', signe pour moi l'entrée de Common dans le 'mainstream', partageant ses occupations entre plateaux de tournages, bonnes œuvres et musique, il joue maintenant de son image et se retrouve malheureusement loin du p'tit gars de Chicago qu'il était: en témoigne des featurings Lilly Allen, Alicia Keys, des clips à l'image haute définition avec des mises en scènes parfois douteuses mais qui ont l'air de faire mouche car 'Finding forever', qui parait en 2007 est quand même nominé aux Grammy Awards dans la catégorie album de l'année. 
Ce n'est pas mauvais, mais quand vous avez écouté du Common au début, les prods de West et/ou Pharrell Williams paraissent vraiment fades et insipides. Du coup, j'ai à peine survoler 'Finding forever' et n'ai même pas écouté "Universal mind contrôl" et "The Dreamer/The Believer".

Common entre t-il dans la catégorie "Musique Classique" ? Oui, car il a participé grandement à la discographie, voire même bande originale des années dorées du HipHop et surtout a su s'affirmer artistiquement quand justement sa démarche s'est trouvée incomprise. On peut lui reprocher certes une fin de carrière très people, mais il a le mérite d'avoir laissé plus d'un classique par album et ce jusqu'à présent.
Puis, avec ce genre de gars on peut pas vraiment prévoir l'avenir et qui sait, il peut nous surprendre encore...

mercredi 30 janvier 2013

Musique Classique: Acte 7 - Dj Premier

Ok ok, bon: par où commencer ? Par le début me direz-vous, mais ça fuse tellement que j'ai peur de rater mon démarrage !
Dj Premier, Primo, Pree, l'un des dj producteurs les plus connus et reconnus de la planète HipHop, l'un des plus incontournables, un must, une valeur sûre et peut-être, sans exagérer, une Nation à lui tout seul.

Autant pour beaucoup, Jay Dee est, fut, a été le producteur le plus influent du début des années 2000, Premier, Christopher Edward Martin de son vrai nom, est celui qui aura porter sur ses épaules les années dorées; bon, les épaules de Pete Rock étaient là aussi, mais on parlera plus tard !
Au delà de Gang Starr et/ou de Guru, sur lequel vous pouvez trouver un superbe article ICI, Primo a su apposer sa patte si particulière sur bon nombre de morceaux qui sont aujourd'hui et surtout depuis toujours des classiques. Pour ceux qui voudraient vraiment écouter un album avec ses prods tout le long, je ne peux que proposer d'écouter du Gang Starr: sérieux, y'a pas mieux pour saisir le travail du bonhomme, sublimé par le flow du regretté Guru...

Aussi loin que je me rappelle, la première fois que j'ai entendu parler de Dj Premier en tant que producteur à part entière, c'était pour 'I've lost my ignorance', sur l'album 'The Rebirth of cool' des Dream Warriors (sorti en 1994). Une claque reçue en pleine gueule... comme beaucoup d'autres par la suite !


En parallèle de son travail avec Guru, Primo trouve le temps de produire les membres de la Gang Starr Foundation: vous savez ces quelques fous qui savaient à peu près manier le mic comme par exemple Jeru The Damaja, Afu-Ra, Group Home, Bahamadia, Big Shug... chacun d'eux a laisser des classiques qui ont eu l'effet de bombes aussi dévastatrices qu'un millier d'attaques nucléaires.


Avec Group Home, Primo engendre quelque chose qui va au-delà du mouvement HipHop: on touche pratiquement au divin. Être là au moment où le Rap cherche et édifie ses fondations, dans cet océan de jeunes loups remontés et surtout très travailleurs qu'étaient Pete Rock & Cl Smooth, le Wu-Tang, De La Soul, DITC, les Phärcyde et bien d'autres, mais arriver avec l'énergie nécessaire pour accoucher d'une telle œuvre ! Pas besoin de parler de 'Livin' proof' et de la track éponyme comme étant l'un des albums qui stigmatisent le mieux les 'Golden years'. 

Pour Jeru, ici aussi tout converge pour marquer de manière indélébile le monde: un superbe mc, un magnifique sample, un clip:


 


Et comme à l'époque il était bon et nécessaire d'être accompagné par de gentes dames, le crew se dote d'une voix féminine, mais surtout pour kicker fort, en fait. Bahamadia arrive en 93, mais mettra quand même presque 2 ans pour boucler son 'Kollage', son premier opus. Je vous laisse regarder pour plus d'infos...


Je ne m'avance pas trop en disant que si le projet Gang Starr n'avait pas nécessite autant de temps et d'énergie, des projets plus concrets de la GS Foundation auraient pu être aussi dangereux que des albums du groupe Wu-Tang.


'Crush' est le single, sorti en 96, qui lance véritablement la carrière de Big Shug. Un proche de Primo qui l'accompagne bien souvent lors des différentes tournées de celui-ci.

En 2000 sort 'Body of the life force', premier album d'Afu-Ra (et parallèlement l'un des derniers à être produit dans les locaux D&D avant que ceux-ci soit racheté par Primo): ici Dj Premier ne produit pas l'intégralité de la galette mais encore une fois, en bon fournisseur qu'il est achemine jusqu'à nos oreilles l'excellent 'Mic stance' mais surtout le génial 'Equality'.



En plus d'être le producteur attitré d'un certain nombres entités citées plus haut, quand il parsème des instrus ici et là, le résultat est toujours le même, à savoir ruptures d’anévrismes, multiples orgasmes et hémorragies internes qui sont au menu, en témoignent 'Real HipHop' de Das EFX et 'The shit is real' de Fat Joe.




Quand je vous parlais plus haut de divin, il est un moment, qui, lui aussi a tout du divin: quand en 93 Premier est sollicité par l'entourage d'un petit vendeur de drogues rêvant de jours meilleurs.
Sur 'Illmatic' sorti en 94, NaS bénéficie de 2 des plus belles tracks jamais produites par Primo: 'Memory lane (sittin' in da park)' et bien sûr 'Represent'.


D'ailleurs, Primo a été pendant très longtemps ce que Jay Dee fut pour Busta Rhymes: à savoir le producteur qui sauvait par ses jolies tracks un album de la médiocrité. 'N.Y. State of mind pt. 2' et 'NaS is like' sur I am, 'Come get me' sur NaStradamaus, '2nd chillhood' sur Stillmatic...


L'une de ses plus grandes qualités est l'indéniable fait que tout au long de sa carrière, il a su s'entourer des meilleurs mc's: ainsi quand Rakim sort son premier album, on y trouve le super single 'It's been a long time'.


Plus tard, les deux amis se retrouvent sur le second album de Rakim, 'The Master' (1997), là encore, single !


À ce jour, Premier reste l'un des rares producteurs à réussir à placer ses prods en single: Premier est un argument de vente non-négligeable, voilà pourquoi 'Reality check' du duo Verbal Theat a bénéficié d'une grosse campagne télé et radio à l'époque, pareil pour le remix de 'Voodoo child' d'Afu-Ra, qui s'est retrouvé playlisté sur de nombreuses compil', 'Crooklyn' de l’éphémère groupe reformé pour l'occas avec de nouveaux protagonistes: 


Sans compter des prods pour O.C. et le regretté Big L (D.I.T.C.), Krs One 


des prods pour Mos Def, cette p*te de Christina Aguillera, Black Eyed Peas et j'en passe tellement il y en a.





Bientôt 30 ans de carrière pour cet infatigable amoureux de musique qui, malgré, un léger essoufflement,  continue d'injecter régulièrement de son essence vitale dans le mouvement HipHop. 
Musique Classique, Primo ? Si lui ne l'est pas, alors personne ne l'est !

mercredi 21 novembre 2012

Musique Classique: acte 6 - Kevin Brown


Kev Brown, voilà un nom qui anime le monde de l'HipHop underground et indépendant depuis maintenant un peu plus de 10 ans. Ce qui est fou, c'est que ce bonhomme a très tôt jouis d'une 'aura', sans pour autant avoir sorti d'album; j'entends là, L'ALBUM, la première sortie tout de suite classée classique par les fanatiques en délire.

Kevin Brown, aussi loin que je me rappelle, c'est surtout deux morceaux: le premier, il faut aller le chercher sur 'Re-Entry', album du légendaire producteur Marley Marl sorti en 2001, 'What ruling means' track sur laquelle en plus de Kev, on retrouve Grap Luva.



Et la seconde est la superbe 'Always', incroyablement tracklistée sur un (net) album non moins légendaire, j'ai nommé 'Class is in session' de 9th Wonder et Pete Rock.


Ce qui rend cette chanson spéciale, c'est le médium utilisé pour la diffuser: la réunion aussi géniale qu'inattendu du monstre sacré qu'est Pete Rock et les jeunes loups talentueux qui composaient le groupe Little Brother et dans ce fouillis d'instrumentales non mixées, d'acapelas déjà entendues, 'Always'.
Quelle bombe ce fut ! Habile et savant mélange de Jazz, de Rap downtempo avec des lyrics de vrai gars qui respecte.

Entre temps quand même, Kev se retrouve en haut de l'affiche car il signe quelques classiques sur l'album 'The Magnificent' de Jazzy Jeff, dont 'How I do', 'We are' ou encore 'Rock with you':


On doit lui doit aussi une version remixée du 'Black album' de Jay Z, pour le coup rebaptisée 'The Brown album': je ne suis pas un grand amateur du Jay, mais je pense que personne ne peut rester indifférent devant CECI !
Il nous balance aussi coup sur coup quelques pépites comme le 'Fresh brownies'* (lien mort), quelques beats tape dont celle-ci: 'Beats tape '.
Il se retrouve à l'origine du projet 'Isaac Jones', produit quelques sons pour la chanteuse Wayna et, arrive enfin 'I do what I do', LE projet solo tant attendu.


► Play  ▌▌Pause ■ Stop

1 - Intro
2 - Alone again
3 - Say sumthin' F. Kenn Starr & Quatermaine
4 - Outside lookin' in F. Cy Young
5 - Work in progress
6 - Struggla's theme F. Grap Luva
7 - Beats n' rhymes F. Phonte & Oddisee 
8 - Hennessey pt. 1F. Kenn Starr
9 - Hennessey pt. 2 F. Chronkite, Eric Roberson & Wayna
10 - Keep on F. Cy Young
11 - Hold fast
12 - Albany
13 - Life's a gamble

L'album est bon, voire même excellent, c'est juste qu'ayant attendu tout ce temps et écouté toutes ses productions passées, je m'attendais à un véritable feu d'artifice, à un big bang.
Qu'à cela ne tienne, 'IDWID' propose quand même son lot de classique(s) avec entre autre 'Albany' (qui tournait déjà avant la sortie officielle), 'Struggla's theme' et surtout 'Life's a gamble'.

Par la suite, arrivent des projets avec Lmno, qui contiennent surtout des beats entendu dans les albums 'Beats tape' et 'Fresh brownies', 'Alexander Green', binôme éphémère avec Kaimbr, les albums 'Exlusive joints' ou Random joints', de vrais faux albums d'instrumentales, des apparitions sur des compilations à droite et à gauche.


Non content d'être un 'CurtisMayfieldlookalike', le Kev a réussi à s'imposer comme productif créatif, disponible et surtout un gros travailleur: en témoignent tous les projets qui, chaque années portent son nom ou ceux dont il est à l'origine.
Kev Brown, Musique Classique ? Oui ! Pour rallier à ma cause les plus (fosses) septiques d'entre vous, je terminerai ma démonstration avec ces deux clips dont nous avons parlé sur 3H plus d'une fois.
;)
*Pour la p'tite histoire, ce bootleg s'est retrouvé sur le net sans que K.B. ne sois au courant: il le dit lui-même sur son blog, ces instrus étaient destinées à être vendues quand on lui fait savoir qu'elles sont disponibles au téléchargement. Triste... Cela dit, ça ne lui pas empêché de produire d'autres tueries.

mercredi 10 octobre 2012

Musique Classique: acte 5 - Nicolay

La jolie histoire de Nicolay commence à peu près de la même que la notre ici sur HipHop Hourra: à savoir, ce n'est ni plus ni moins grâce à internet qu'il est devenu (aussi vite) le talentueux et respecté producteur qu'il est aujourd'hui.
En effet c'est sur le forum d' 'OkPlayer' qu'il converse un soir avec Phonte (ex Little Brother), qu'il décide de lui envoyer un set d'instrus et, voilà comment est né le 'Foreign exchange project'.
Mais avant ça, le Nico a quand même quelques faits d'armes locaux et surtout, est l'un des fers de lance de ce que l'on peut appeler la 'Révolution Orange': rappelez-vous, il y a 5/6 ans, le monde du HipHop a 'découvert' qu'aux Pays Bas, on pratiquait aussi le HipHop et, de fort belle manière avec des beatmakers de talent comme Full Crate ou encore Sotu The Traveler.
L'explosion intervient néanmoins en 2004 avec la sortie du superbe 'Connected': après 2 ans de messages, d'aller-retour États-Unis/Pays Bas, l'album arrive déboule avec perte et fracas dans les bacs; on n'oubliera pas de dire que cet album est labellisé BBE et est aussi disponible dans sa version instrumentale.


 'Connected', c'est un vent de fraicheur dans le monde du beatmaking, une approche différente de thématiques maintes et maintes entendues et la présence à ce moment précis de l'Histoire du HipHop de protagonistes qui seraient voués à exploser: Nicolay (bien sûr), Phonte, mais aussi ses 2 compères de Little Brother 9th Wonder et Big Pooh, Oddisee, Ken Starr, Yazarah, Darien Brockington, Von Sees et on peut presque dire tous les p'tits fous du label ABB Records dont Joe Scudda.
C'est une fête à laquelle tout le monde est convié, où se mêle Groove, Electro, Rap et Soul le tout, dans une géniale alternance.
Ravi d'entendre ou de découvrir Phonte rapper sur des sons autres que ceux de 9th Wonder, featé avec des Mc inconnus (pour l'époque) et bien sûr débiter des superbes lyrics sur des instrus de qualités dosées.



Le thème récurant de l'album est l'amour: l'amour entre 2 jeunes gens, l'amour de la musique, l'amour des potes (sans ambiguïté StOof): ce lien fort qui fait que l'on est connecté aux autres, à tous... 



La version cd indique 14 tracks au tracklisting, mais vous en trouverez 3 de plus; en effet, sont présentes le jolie remix de 'Be alright' et deux bonus.



Dans la foulée et toujours sur BBE, Nic sort le premier 'City lights' (1.5 dans sa version définitive) en fin d'année 2005.
20 plages d'instrumentales dans la parfaite lignée de son travail vu sur 'Connected'.
On y retrouve la même fraicheur mais surtout ce vœu de proposer des ambiances plus aériennes avec 'Indian summer' ou 'Hey !'.
Une parfaite galette pour ceux qui ont apprécié les sorties 'beat generation' du label BBE.
Peu ou pas de déchets sur cet album, des ambiances sont bien sûr moins au niveau de certaines mais toutes s'enchainent sans accrocs jusqu'à la dernière piste.


Par la suite, le Batave a multiplié les collaborations jusqu'à obtenir une confortable assisse dans le monde fermé des producteurs. Moment qu'il choisi alors pour sortir 'Here' 2006 sur BBE) qui est son véritable album solo. J'entends par là vrai album de prodo où il invite toute sorte d'artistes.
Relativement court avec ses 11 pistes, il s'avère être un album solide sans véritable(s) artifice(s): comme si ici, Nicolay se contentait de nous montrer se qu'il savait déjà faire avec peut-être une différence de poids, l’utilisation de samples un peu plus grillés.
On reste ici encore dans le domaine du partage et de l'amour.





 2008 sonne le retour du projet Foreign Exchange: 'Leave it all behind' est attendu un peu comme le messie par une grande partie de la communauté du HipHop.
Et, la première semaine de sa sortie va en laisser plus d'un sur le carreau: car, Phonte, ici, ne rappe plus ou alors très peu... comptez 1 couplet rappé, le reste que du chant. Cela a évidemment déçu bon nombre de gens mais il en résulte (pour moi) l'un des plus belles sorties de l'année 2008 et peut-être même, de ce décade.
La thématique: l'Amour ! oui oui, encore. Nicolay semble mettre énormément de lui même dans ses compositions, c'est ça même qui contribue à ne pas désacralisé le fait de parler d'amour dans la musique et surtout de ne pas rendre ceci vaseux ou terne dans le Rap/HipHop.
Dès 'Daykeeper', nous savons que nous allons en eaux douces: le duo prend résolument une trajectoire NuSoul pour coller plus avec leur aspirations.


'Leave it all behind' prend alors des allants de 'code de vie à 2', avec des sons comme 'Take of the blues' ou 'All or nothing'.
Des instrumentales fraiches, composées toujours avec autant d'attention sur lesquelles Darrien Brockington, Yazarah et Musinah font des merveilles.
Seule ombre au tableau, il semble que cet amour puisse mourir*, comme il est tristement chanté dans 'Valediction', mais je n'en dis pas plus: aller écouter l'album.



*jusqu'à 'Leave it all behind'...

Nicolay sort en 2009 le deuxième volet de sa série 'City lights', avec le volet 'Shibuya'. Je reviendrai plus longuement sur cet album car, à l'époque je n'ai pas vraiment apprécié, mais après une récente écoute, je l'ai trouvé magnifique: vous aurez donc une relecture de cet album très bientôt ;).

Et puis pour ceux qui comme moi ne savaient pas qu'un troisième volume du Foreign Exchange Project était disponible, oui oui, 'Authenticty' sorti en 2010: sachez que je viens de l'acheter, je l'écoute, je le digère et j'en fais une review très très bientôt (édit de 2017, la review n'est toujours pas faite... Désolé ^^).



mercredi 3 octobre 2012

Musique classique : Acte 4 - Dibiase


Et hop, c'est parti pour le quatrième volet de nos musiques classiques, autrement dit les artistes Hip Hop et leurs albums qu'il faut avoir écoutés en raison de leur qualité. Désolé pour le retard, tout d'abord... Et aujourd'hui l'objet de notre attention sera Dibiase, également connu sous le nom de Dibia$e ou Mr. Dibia$e.
Ce beatmaker a ceci d'intéressant qu'il est très influencé par J Dilla (vous me direz, si c'était le seul...) mais aussi par les sons 8 bit de nos bonnes vieilles consoles NES et Cie. Cela donne un mélange détonnant et assez burné, comme vous allez pouvoir vous en rendre compte... Même si on ne peut pas le réduire uniquement à ce style bien entendu.

Je voudrais commencer par l'album qui a mis plus ou moins tout le monde d'accord. Machines Hate Me est sorti en 2010.


Dès les premières secondes, les sons 8 bit se font entendre; accompagnés d'une rythmique bouillante. Les moments les plus réussis dans ce style sont SkullCrack, qui sample Guilty Simpson pour ce qui ressemble à une B.O. d'un jeu GameBoy dont l'histoire se passerait dans le hood; et Renegade Slap (collab avec l'ami Devonwho), ou quand Mario et Luigi consomment les champignons du Royaume de Peach. Le reste de l'album est différent... Et parfois, et c'est là que le bât blesse, il semble y avoir quelques fillers : Lumberjack est par exemple assez ennuyeux comme morceau.

Machines hate me (2012) 


C'est pourquoi il est conseillé de jeter une oreille (et même les deux) à l'album Looney Goons de 2012.

Celui-ci est, à mon sens, plus constant dans la qualité même si il contient moins de coups d'éclat que Machines.... Je pense que pas mal de gens vous auraient conseillé son Sound Palace, mais personnellement celui-ci me procure plus de plaisir : je le trouve dans un délire assez gangsta-8 bit à la SkullCrack, très grimey et électronique... tout en étant homogène. Un morceau comme CatchinFades, ça déchire, comme je disais quand j'étais (plus) jeune. Bref, un album fun et rugueux, comme son titre le laisse entendre.

Dibiase - Looney Goons (2012) : Mediafire


Enfin, je voudrais revenir sur un projet un peu oublié du père Dibiase : le EP Up The Joystick de 2007, par lequel il s'est fait connaître.


Tout simplement parce qu'il y sample Mario Bros, Tetris, Castlevania et Megaman (entre autres) de fort belle manière... et n'oublie pas d'inviter quelques MC's. Le tout est de plus disponible gratuitement. Détail amusant : ce projet est un EP mais est aussi long que les albums officiels qu'il fera par la suite !

Up the Joystick (2007) 


Si vous voulez en savoir plus sur ce gars, vous pouvez lire cette intéressante interview (en anglais) sur laquelle je suis tombé :)

mercredi 12 septembre 2012

Musique classique: Acte 3 - Guru (de GangStarr), grandeur et décadence

Article proposé par '4Hommes'

Guru est décédé à l'hôpital le 19 avril 2010 à l'âge de 43 ans, suite à une longue bataille contre le cancer, cela après une série d'annonces prédisant sa guérison. Il avait expressément demandé que l'on ne prenne de ses nouvelles que via « SuperProducer » (?) Solar, son manager depuis sept ans. Ce qui eut pour conséquence de créé une polémique autour d'une lettre que le rappeur aurait rédigée, alors qu'il était dans le coma... petit tour d'horizon sur une des légendes du HipHop.
Bon, la biographie, je vais faire vite parce qu'on s'en fout un peu. Guru, de son vrai nom Keith Elam, est né à Boston le 17 juillet 1966. Guru signifie, soit « Gifted Unlimited Rhymes Universal», soit (version religieuse) « God is Universal; he is the Ruler Universal ». En effet, Keith Elam était assez proche de l'organisation poilico-religieuse 'Nation of Islam'.
La vraie histoire commence en 1985 lorsque le groupe 'Gangstarr' est formé par deux graffeurs de Boston, Guru (alors connu sous le nom de Keithy E. The Guru) et le DJ 1,2 B-Down. Quelques producteurs gravitaient autour de ce petit groupe. Quelques démos sortent, qui attireront rapidement l'attention du label 'Wild Pitch Records' qui signera Gangstarr en 1987. Le groupe ainsi formé sortira 3 vinyls. On est bien d'accord, à cette époque, DJ Premier est inconnu au bataillon et n'est pas lié, de près ou de loin, à Guru.
Premiers sons de gangstarr:





En 1989, le groupe se sépare et seul reste Guru. Rapidement, DJ Premier, alors à l'université de Houston, lui envoie une beattape qui séduira Guru. Ils restent en contact, puis Primo rejoint Gangstarr. Le groupe s'établit alors à New York. En 1989 paraît leur premier single, 'Words i manifest'. La touche de Primo n'est pas encore claire et nette, et le groupe se cherche un peu. La touche jazzy ressort tout de même assez nettement et sera encourageante pour la suite.


S'ensuit la sortie en 1989 du premier album à proprement parler de Gangstarr, toujours sous 'Wild Pitch'. 'No more Mr. Nice guy' reçoit une critique mitigée et un succès commercial relativement important au vu du caractère confidentiel de l'album. La présence de « Jazz Thing » sur la BO de Mo' Better Blues, réalisé par Spike Lee, y a sans doute participé.
« Jazz Thing »: http://www.youtube.com/watch?v=ap84VqJSCRQ L'album s'est vu reprocher une certaine « facilité » et un manque de profondeur dans les beats de DJ Premier, et un manque de profondeur dans les lyrics de Guru. Il est vrai que la patte Gangstarr et la marque de fabrique du groupe ne ressort pas encore clairement. Néanmoins, quelques tracks 'classiques' en imposent déjà dont le 'DJ Premier in deep concentration', (qui aura droit à son hommage par DJ babu ici:http://www.youtube.com/watch?v=2_yNXdyUplk), 'Conscience be free' et bien sûr 'No more Mr nice guy'.


En 1991 sort 'Step in the Arena': la critique encense immédiatement cet album, qu' IGN classera plus grand album de tous les temps. Les ventes seront élevées, car 'Step in the Arena' est aujourd'hui classé 19eme album de HipHop et 121eme album tous styles confondus le plus vendu aux États Unis. Des sonorités très jazzy, avec des samples puisés dans le répertoire Soul/Jazz/Funk, des batteries très « DJ premier », des scratchs disséminés astucieusement, et le flow de Guru. La patte Gangstarr que l'on commence tout doucement à mieux reconnaitre, notamment sur 'Check the technique', sur 'Who's gonna take the weight ?' (tracklisée pour GTA IV) et bien sûr 'Just to get a rep'.





En 1992 sort le troisième album du groupe, 'Daily operation', dans lequel les lyrics et le rap de Guru ont gagnés en maturité et les instrus de Primo en qualité. L'album se classe 65eme des ventes générales et 14eme des ventes Hip Hop. 'Take It personal', une des tracks de l'album se classera même numéro un des ventes Rap cette année là. L'influence Jazzy ressort peut-être encore d'avantage que sur les albums précédents.
'Daily operation' nous a livré de jolis tels que 'Take it personnal', 'Interlude 92' et surtout 'Ex girl to next girl'.





En 1993 sort la bombe 'JazzMatazz' et son premier album solo, pour lequel il s'affranchit de DJ premier pour devenir son propre producteur. Il invite quelques grands noms du Jazz à jouer: Lonnie Liston Smith, Donald Byrd, N'Dea Davenport pour ne citer qu'eux. En bon francophile, il invite même MC Solaar à poser sur le génial « Le bien, le Mal » où les deux rappeurs semblent en symbiose parfaite. Côté musical, les productions sont grandioses et Guru prend son pied sur ces instrus symbolisant parfaitement la fusion entre Jazz et HipHop. En ressort un de mes 5 albums préferés de tous les temps.
Difficile de filtrer 'les bons' morceaux, toutefois 'Le bien, le mal' sur lequel est invité Mc Solaar et le délicieux 'Down the backstreet' avec Lonnie Liston Smith se détachent légèrement des autres.





En 1994 paraît le 4eme album de Gangstarr: 'Hard to earn'. L'album surfera sur la lancée des précédents pour se placer 25eme des ventes de l'année et second des ventes Hip Hop. Il est loin d'être mon album préféré tant il marque une rupture dans le style avec les albums précédents. Le groupe a tenté une approche agressive là où le Jazz faisait auparavant miracle. On trouve également plus de
collaboration avec d'autres artistes, notamment Jeru the Damaja, qui avait lancé sa carrière grâce à une apparition sur 'Daily Operation'.




En 1995, Guru poursuit sa petit quête du Jazz Rap en sortant le deuxième opus de sa quadrilogie "Jazzmatazz" avec le bin nomé "The New reality". Son acolyte DJ premier produit une petite track de l'album, et les invités se succèdent toujours autant aux instruments. Donald Byrd, Dee Cee Lee, sont à nouveaux de la partie et de nouveaux noms font leur apparition. La tendance au featuring avec des rappeurs français se précise puisque Lucien pose un couplet de haut vol sur "Lifesaver". Peut être un peu moins bon qualitativement que le premier volume de la série, il reste excellent, et varie les tempos et instruments utilisés avec brio.





Un album-tournant dans les carrières de Gangstarr et DJ Premier plus particulièrement. 4 ans après un "Hard to Earn", "Moment of truth" marque un renouveau. En effet, le style musical a évolué et les sonorités jazzy ont laissé place au style propre de DJ Premier. Si ce dernier garde ses instrus en rythme binaire, il utilise désormais également des samples non « mélodiques » (Robin Hood theory). De même, Guru a pris de l'importance dans le milieu du HipHop et n'hésite plus à jouer de son statut d'icône. Le duo invite d'avantage de rappeurs qu'à l'accoutumée: on retrouve des grands noms tels que Inspectah Deck, Scarface, MOP, et d'autres moins cotés tels que G-Dep ou Freddie Foxxx. L'album plaît au public et, bien aidé par les critiques enthousiastes, l'album se classe 6eme des ventes de l'année et numéro des charts Hip Hop. Il est aujourd'hui considéré comme étant l'album le plus abouti du duo. Et surtout Moment of Truth" (re-samplée par la suite par Iam), la track numéro 8, représente pour moi la toute meilleure chanson produite par les deux acolytes, tant niveau du texte que du flow de Guru:

« Why do bad things happen, to good people? Seems that life is just a constant war between good and evil The situation that I'm facin, is mad amazin to think such problems can arise from minor confrontations Now I'm contemplatin in my bedroom pacin Dark clouds over my head, my heart's racin Suicide? Nah, I'm not a foolish guy Don't even feel like drinking, or even gettin high Cause all that's gonna do really, is accelerate the anxieties that I wish I could alleviate »

Rien à ajouter !!









En 2001, Guru sort son premier album solo hors "Jazzmatazz": "Baldhead slick & da click". C'est une sorte de projet collaboratif: il y invite de nombreux producteurs à composer dessus, notamment The Alchemist, DJ premier ou encore DJ Spinna. Là encore, comme pour le "Jazzmatazz 3", on ressent une diversité de styles qui ne conduit pas à une unité dans l'album. Un grand nombre de rappeurs vient également participer au projet, avec quelques gros noms tels que Killah Priest, Timbo King, Big Shug, Krumbsnatcha, Ice-T et d'autres inconnus dont Squala Orphan, Kaeson, Lae D-Trigga,... L'album sera un échec commercial marqué.




 Sixième (et dernier) album des deux compères, "The Ownerz" est sorti en 2003. DJ Premier a affirmé son style, avec des sons marqués par des samples courts et répétitifs. Là encore, les ventes sont importantes, puisque l'album termine 18eme des charts et 5eme album de HipHop cette année là. Les critiques sont encore une fois bonnes pour l'album, même si elles sont marquées par déjà cet opus comme la bombe ultime. Les rappeurs invités font très rarement la différence; Snoop Dogg et Jadakiss sont indigents. Si Guru rappe toujours aussi admirablement (Riot akt!), les productions de Primo sont en demi teintes et n'arrivent pas à égaler l'album précédent. Semi déception donc pour cet album-ci.






La éparation:

La cause de la séparation entre les deux génies n'a jamais vraiment été connue. Directions musicales différentes ? Problèmes relationnels (du genre qui est le meilleur d'entre nous ?). De mauvaises langues iraient même jusqu'à dire que c'est Solar qui les a sépaés et éloignés l'un de l'autre. Pourtant le personnage a l'air tellement honnête... Bref, toujours est-il que les deux compères se sont séparés en des termes étranges. En 2005, Guru annonce que le groupe n'existe plus, et que ce n'est pas un simple break. Guru fait même la tournée Gangstarr avec un autre DJ... Quelques mois plus tard, DJ Premier dit que pour lui Gangstarr n'est pas de l'histoire ancienne: "If I confirm it, then it’s official. If I don’t confirm it, then we still together". Pour Guru, la page est tournée: il ne veut plus jamais travailler avec DJ Premier et Gangstarr ne l’intéresse plus. En 2007, Premier relance son ex compère: "If Guru wants to do it I’m down, it’s really up to him. He’s the one that said we should pause for a minute and if that’s how he feels fine by me. If he calls me tomorrow and says I’m ready to start, I’m ready."

L'élément majeur de la brouille entre les deux personnages semble être Solar, le mec qui s'autoproclame « Superproducer » (alors que ses prods sont en dessous de tout.) Ce douteux personnage, décrié par Statik Selektah (producteur et DJ pour Qtip, notamment, ou encore Saigon) comme étant malfaisant et irrespectueux: "People are mad, and I am too. I hope Guru wakes up and someone has an explanation. Because this other guy, ’super producer’ who’s never produced a good beat, he ain’t gonna be accepted". Lire l'intégralité de l'interview ICI.
Toujours Statik Selektah, sur twitter: "Ne faisons pas de ça l'affaire de cette personne diabolique derrière ce communiqué, célébrons plutôt la vie et le travail de Guru".
Il semblerait en effet que Solar ait compètement lavé le cerveau de Guru (à la manière d'un gourou ?) pendant que ce dernier sombrait dans l'alcoolisme. Une relation perverse qui a mené Guru à une fin de carrière assez triste, tant niveau musical que familial. Mais nous reviendront la dessus par la suite.



Mettons de côté les histoires entre Guru, Solar, Premo, les rumeurs, etc.. et concentrons nous d'avantage sur l'album à proprement parler. Guru souhaite produire du 'Real HipHop' pour 2005, différent de ce qu'il a produit précédemment.
Dès le départ, le bonhomme rompt avec le style 'GangStarrien' et avec les instrus ciselées de Primo, tout comme il dénigre son propre Jazz-Rap pour partir vers un style plat et quelconque. Rien que la pochette du CD annonce le virage 'commercial' d'un des meilleurs MC jamais vu. Loin des sympathiques visuels de la série Jazzmatazz, on retrouve ici un Guru montrant ses jolis muscles dans un marcel ridicule. Les lyrics ne volent pas plus haut et Guru en fait des tonnes pour rappeler qu'il est toujours présent après presque 20 ans. Décevant donc, même dans ses thèmes dénués d'intérêt et se rapprochant des productions formatées. En fait, ce sont les invités qui font la différence. Talib Kweli, toujours irréprochable, améne dans ses bagages l'attachante Jean Grae. L'instru mitonnée par
Solar est une fumisterie énervante, dommage... Si certaines instrus sont purement insupportables, d'autres parviennent à attirer l'oreille (Kingping, Surviving tha game).
Dans l'ensemble, c'est pour l'époque le plus mauvais album de Guru. Mais attendez, il en sort d'autres par la suite.






2007 et moi qui me dit: "Oh chouette, 'Jazzmatazz'". Un peu déçu par le troisième opus, je suis confiant en me disant qu'il va pas rester sur un échec et repartir sur de bonnes bases. Album entièrement produit par Solar (Guru ne fait que rapper, Solar lui a même pris son projet), c'est clairement le plus mauvais album de la série, bien que quelques titres sortent du lot, notamment le "Living legends" avec David Sanborn (bien que l'alchimie entre le rappeur et la prod ne soit plus la même). Les pauvres rappeurs de Slum Village n'arrivent jamais à trouver le rythme sur "Cuz I'm Jazzy" qui, pourtant, est la meilleure de l'album avec "Universal Struggle", qui aussi pourrait trouver sa place sur le deuxième opus en terme qualitatif.







Hélas, on plonge dans le médiocre et le mauvais goût. Jeu de mot facile, on dira que Guru s'est perdu. Il continue sa démonstration d'égo surdimensionné (pendant que DJ Premier reste humble) et n'hésite pas à dire que DJ Premier lui doit tout et que cet album est le nouveau HipHop. Mis à part un instru de 'Lost & found', le reste des productions est piteux et Solar nous montre sa méconnaissance du HipHop en balançant des trucs aussi indigents que "Divine rule".
Le clip est un concentré de mauvais goût comme mêmes les allemands ne savent pas faire sur la plage en tong/chaussette, et la musique va bien avec niveau médiocrité. Bref à oublier d'urgence dans la discographie de Guru. Évidemment, cet album sera un échec absolu. Et pour appuyer la bizarrerie de l'album, on citera l'usage débile de l’auto-tune sur de nombreux morceaux (dont un avec Omar, un des rois de la soul anglaise...). Bref, aucun goût ni qualité à ressortir de ce truc. Allez pour rigoler, on sortira la pochette digne d'un gamin de 2 ans sur Paint. En fait ce qui m'interpelle le plus, ce n'est pas vraiment la pauvreté des productions de Solar, mais bien d'avantage ce qu' était devenu Guru ces derniers temps. Je ne comprends pas qu'un mec ayant côtoyé tellement de vrais musiciens, graphistes, ait pu laisser passer cette merde. Il est passé d'une véritable légende au son unique, aux lyrics acclamées par la critique ("Moment of Truth", vous direz ce que vous voulez mais bon...) et à la réputation de précurseur du HipHop Jazz au statut de quoi ?: difficile à dire, rappeur sans génie vidé de toute substance et ayant succombé à l'appel du fric ? Il a voulu se mettre dans la mode 'bling bling' ? Quelque part, pour sa carrière et le monument qu'il a été, il est peut être préférable que ça s'arrête maintenant avant qu'il ne sorte d'autre choses.
Si vous voulez bien rire, allez la-dessous: "Divine rule"



Le ZÉRO absolu !


La fin d'un mythe:

Je vous ai rapidement brossé l'histoire purement musicale du rappeur, sans m'attarder sur les mixtapes en tous genres qui sont sorties: notamment la désastreuse "Back to the future". Il est désormais temps de parler de l'imbroglio qui entoure sa mort. Rappelons les faits: tout d' abord, Guru souffrait d'un cancer depuis plus d'un an. Puis, en début d'année, les choses se compliquent: de l'aveu du neveu de Guru, Justin Elam Ruff, "Il a été admis dans un hôpital de New York le mardi 2 février. Sa famille n'a pas été mise au courant jusqu'au 16 février. Ça veut dire que deux semaines sont passées avant que la famille soit mise au courant." Bref, Solar frappe un premier coup en refusant de donner des nouvelles à la famille.
Le 28 février, Guru est victime d'une crise cardiaque et est plongé dans un coma profond. Le 1er mars, il subit une première intervention chirurgicale, puis une deuxième par la suite qui aurait entrainée une complication pulmonaire. Il décède finalement d' anoxie le 19 avril 2010. Sa sœur Patricia publia sur le blog de Dj Premier: "GURU suffered from multiple myeloma for over a year. Accrued complications from this illness led to respiratory failure and cardiac arrest. As a result, GURU was in a coma from mid February
until his death and never regained consciousness. Early on the morning of April 19th, he became hypertensive due to low blood pressure. He again went into cardiac arrest and slipped away from us
".

Et le flou...
C'est d'avantage ce(lui ?) qui gravite autour de la mort de Guru qui pose problème et amène des questions. Tout d'abord, quel rôle a joué Solar en interdisant la famille, ainsi que les membres de la 'GangStarr Foundation' et les anciens collaborateurs de Guru (dont DJ Premier et Biggest Gord), de rendre visite au rappeur sur son lit d'hôpital. Le neveu de Guru, Justin confirme d'abord qu'il y avait bien deux listes pour les visites à l'hôpital et il ne faisait pas partie des personnes recevables. Il a finalement pu rentrer en contact, au téléphone, avec Solar, qui l'aurait rejoint rapidement avec sa femme. Sur place, Solar aurait dit à Ruff qu'il n'aurait jamais dû venir avec les personnes qu'il avait avec lui parce que c'était des affiliés de Gang Starr. (source http://www.paperblog.fr/2919924/justin- elam-ruff-rencontre-solar/)
Solar, dont le nom revient un peu trop souvent, avait annoncé le rétablissement du rappeur alors que ce dernier aurait été, à ce moment là dans le coma. Et, à l'heure du deuil et des larmes dans la communauté HipHop, le 'Superproducer' n'ayant jamais dropé un seul instru de qualité balance une lettre de derrière les fagots faisant l'effet d'une bombe. En effet, celle-ci allume assez méchamment DJ Premier et ne fait qu'encenser Solar. Ce dernier soutient que c'est Guru qui l'a écrite (pendant qu'il était dans le coma évidemment). Vous pouvez lire en inégralié cette fameuse lettre ICI.

En bref, il encense Solar "My loyal best friend, partner and brother" au moment où ce dernier commençait à être la cible des railleries du milieu HipHop décriant sa nullité.
Plus fort, ce passage mérite notre attention: "(...) I do not wish my ex-DJ to have anything to do with my name likeness, events tributes etc, connected in anyway to my situation including any use of my name or circumstance for any reason and I have instructed my lawyers to enforce this. I had nothing to do with him in life for over 7 years and want nothing to do with him in death. Solar has my life story and is well informed on my family situation, as well as the real reason for separating from my ex-DJ. As the sole founder of GangStarr, I am very proud of what GangStarr has meant to the music world and fans (...)”.
Un règlement de compte plus que suspect dans lequel il dit que DJ premier n'avait plus rien à voir avec lui et que ce dernier n'avait plus le droit d'utiliser Gangstarr. Seul fondateur de Gangstarr, c'est historiquement vrai, mais musicalement faux évidemment.
"(...)Je n'ai rien eu a voir avec lui pendant 7 ans, je ne veux rien avoir à voir dans la mort (...)".

By the way, RIP Guru :'], it's better now.



mercredi 5 septembre 2012

Musique classique : Acte 2 - A Tribe Called Quest


Et voici donc le second volet de nos chroniques sur les musiques qu'il faut absolument découvrir ou redécouvrir ! Vous l'aurez compris, nous nous intéressons à A Tribe Called Quest. Au début des années 90, alors que le gangsta rap mène la danse dans le Hip Hop, un groupe de quatre jeunes originaires du Queens à New-York, formé en 1985, prennent tout le monde à contrepied avec leur premier album : People's Instinctive Travels And The Paths Of Rhythm. Qui se cache derrière ce titre à rallonge ? Tout d'abord Q-Tip (qui s'affirmera en quelque sorte comme le leader du groupe), Ali Shaheed Muhammad, Phife Dawg, et... Jarobi White, qui ne participera finalement qu'à ce premier effort.
Pourquoi à contrepied ? Parce qu'ils critiquent alors non seulement le gangsta rap, mais aussi des choses rentrées dans les moeurs de beaucoup de rappeurs : un certain machisme, le consumérisme de la société de consommation... et même l'emploi du mot "nigger", qui est de nos jours presque banal dans la communauté afro-américaine. Leur style est jazzy, et décrit comme possédant des lyrics positifs. Après cette brève présentation, quels sont leurs albums que nous pourrions vous recommander ?

Eh bien, celui qui a recueilli tous les suffrages est The Low End Theory, sorti dès 1991.


Les raisons sont nombreuses... Tout d'abord la production est de qualité et fait la part belle aux samples de (très bon) jazz : Art Blakey & The Jazz Messengers, Freddie Hubbard, Miles Davis, Eric Dolphy, etc. Le tout sonne old school (normal vous me direz, pour l'époque) mais a assez bien vieilli. Ensuite, le moins que l'on puisse dire est que nos deux compères Q-Tip et Phife ne sont pas des quiches au micro, surtout que les invités sont bien choisis. Je pense que ce qui explique le statut de cet album est l'aura générale qui l'entoure, l'ambiance qui y règne étant très particulière et la replay value très forte... en gros cela sonne vraiment comme un album très spontané, mais maîtrisé, fait par une bande de jeunes potes. Autant dire que ce genre de galette est rare.

A Tribe Called Quest - The Low End Theory (1991)

Plus personnellement, j'ai un faible pour Midnight Marauders, leur opus de 1993.


On y retrouve cette grande fraîcheur mais j'ai l'impression qu'il est davantage travaillé, que les productions sont plus finement ciselées, les MC's plus affutés, le son mieux masterisé. Quand Q-Tip double sa dernière syllabe, ça sonne encore mieux. Award Tour ressemble à un tube, Electric Relaxation relaxe en effet, Oh My God possède entre autres un hook très sympa de Busta Rhymes. De manière globale, je trouve qu'il a très bien vieilli et n'aurait pas tellement dépareillé si il était sorti en 2012.



Enfin, je voudrais mettre en lumière un disque moins connu : Beats, Rhymes And Life, un cru 1996.


Il est surtout connu pour marquer le début de la collaboration du groupe avec un certain James Dewitt Yancey... Jay Dee, qui deviendra J Dilla. Jusqu'alors, Ali Muhammad Shaheed assurait la production, aidé de manière talentueuse par Q-Tip. Mais ici, le jeune Jay Dee vient prêter main forte, formant avec eux le collectif The Ummah. Je ne connais pas très bien ce LP, influencé que j'étais par les reviews vantant avant tout les vertus des deux précédents. Mais après l'avoir ré-écouté, je trouve que l'on ressent bien la patte du Jay Dee de cette époque... Les snares percutants, le minimalisme efficace... (les instrumentaux utilisés pour son petit frère Illa J, ça vous parle ? Eh bien ça y fait penser). Je vous suggère donc de découvrir ou redécouvrir ce projet un peu oublié dans leur discographie.



Aujourd'hui, qu'en est-il d'A Tribe Called Quest ? Eh bien ils font chacun leur chemin en solo, ce qui donne de très bon projets parfois, comme l'album 'The Renaissance' de Q-Tip. Ils parlent également de se reformer, mais rien de concret n'a été fait de ce côté-là à ce jour.
Voilà pour cette seconde partie de 'Musique classique', n'hésitez bien sûr pas à réagir à l'article, à donner votre avis ! ;)